Aller au contenu
Le Bouard Avocats — 1977Le Bouard
Avocats
Appeler le cabinet01 39 02 02 29

Le Bouard Avocats · Versailles

Comprendre le licenciement économique

Maître Noémie Le Bouard

L’expertise du cabinet

Me Noémie Le Bouard

Avocate au barreau de Paris, bureau secondaire à Versailles

Son profil LinkedIn
Parcours et publications

Ancienne Première secrétaire de la Conférence du barreau de Versailles. Chroniqueuse au Village de la Justice et au Journal du Net.

Vous souhaitez échanger sur votre situation ? Réservez une consultation au cabinet ou à distance.

01 39 02 02 29

Le Bouard Avocats · 2024-07-16

Le licenciement économique d'un salarié en 3 points :


  • Définition et justification : le licenciement économique repose sur un motif sans lien avec la personne du salarié. Il suppose une suppression ou transformation d’emploi, ou une modification essentielle du contrat refusée par le salarié, liée notamment à des difficultés économiques, des mutations technologiques, une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité ou la cessation d’activité.

  • Procédure et droits des salariés : les formalités varient selon le nombre de licenciements et l’effectif. Consultation du CSE lorsqu’elle est requise, entretien préalable dans les cas prévus, recherche de reclassement et indemnités sous conditions protègent les droits des salariés.

  • Avantages et Inconvénients : Pour l'employeur, cela permet de rééquilibrer les finances, mais peut entraîner une perte de compétences et nuire à l'image de l'entreprise. Pour le salarié, malgré l'incertitude professionnelle, il existe des protections et aides financières pour faciliter la transition vers un nouvel emploi.


Le licenciement économique est une réalité à laquelle de nombreuses entreprises et salariés doivent faire face. C'est une procédure légale qui intervient lorsque des raisons économiques imposent à l'employeur de licencier un ou plusieurs salariés.


Cet article explore en profondeur la procédure de licenciement économique, ses avantages et inconvénients, les indemnités de licenciement, les droits du salarié, ainsi que les conséquences et possibilités de contestation.



le licenciement économique d'un salarié

Indemnités de licenciement


Lors d’un licenciement économique, le salarié en CDI peut percevoir l’indemnité légale s’il remplit la condition d’ancienneté, ou une indemnité plus favorable applicable. Le minimum légal se calcule avec le salaire de référence et l’ancienneté retenue :


  • Un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années.

  • Un tiers de mois de salaire par année d'ancienneté à partir de la onzième année.


Pour estimer l’indemnité, utilisez le simulateur officiel du Code du travail numérique, accessible ci-dessous. Cet outil externe concerne les ruptures de CDI à temps plein et ne couvre pas les contrats ayant alterné temps plein et temps partiel. Préparez vos dates d’entrée, de sortie et de notification ainsi que vos derniers salaires. Le résultat reste une estimation à confronter à votre convention collective et ne représente pas tout le solde de tout compte.

Ouvrir le simulateur officiel d’indemnité de licenciement. Aucun calcul n’est effectué directement dans cette page. Pour comprendre les postes à comparer, consultez aussi notre guide du calcul de l’indemnité de licenciement.





Qu'est-ce que le licenciement économique ?


Le licenciement économique trouve sa justification dans les difficultés économiques rencontrées par l’entreprise. Il peut également être dicté par des mutations technologiques, la nécessité de réorganiser l’entreprise pour sauvegarder sa compétitivité ou sa cessation d’activité. Ces causes doivent avoir une conséquence sur l’emploi ou sur un élément essentiel du contrat refusé par le salarié.


Motifs justifiant un licenciement économique


Les motifs économiques peuvent inclure :


  • Une diminution significative du chiffre d'affaires ou des commandes.

  • Des mutations technologiques entraînant une automatisation des postes.

  • La nécessité de sauvegarder la compétitivité de l'entreprise.

  • La cessation d’activité de l’entreprise ; la seule fermeture d’un établissement ne suffit pas à caractériser ce motif autonome.

  • Une réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, et non toute réorganisation de convenance.


L'employeur doit être en mesure de prouver ces motifs avec des éléments concrets pour qu'un licenciement économique soit reconnu comme valide.

L’article L.1233-3 du Code du travail précise notamment les indicateurs des difficultés économiques. Lorsque l’entreprise appartient à un groupe, les difficultés et la sauvegarde de la compétitivité s’apprécient dans le secteur d’activité commun des entreprises du groupe établies en France, sauf fraude. La conséquence sur l’emploi s’apprécie dans l’entreprise.


La procédure de licenciement économique


La procédure de licenciement économique est strictement encadrée par la loi afin de protéger les intérêts des salariés et garantir la transparence des décisions prises par l'employeur. Dans certains cas, il peut être judicieux de faire appel à un avocat en droit du travail.


Préparation et consultation des représentants du personnel


La consultation du comité social et économique (CSE), lorsqu’il existe, est requise pour un licenciement économique collectif. Le licenciement individuel ne déclenche pas systématiquement cette consultation au titre de la procédure de rupture ; d’autres attributions du CSE ou la protection d’un salarié peuvent toutefois l’imposer. Les démarches auprès de la Dreets dépendent aussi du nombre de licenciements. Cette préparation permet d’examiner les mesures d’évitement : mobilité interne, formation et reconversion.

Un plan de sauvegarde de l’emploi est obligatoire lorsque l’entreprise compte au moins cinquante salariés et envisage au moins dix licenciements sur trente jours. Son objet est d’éviter ou de limiter les licenciements et d’organiser le reclassement (article L.1233-61).

Licenciement individuel ou collectif : quelle procédure ?

Repères pour un projet de licenciement économique, selon le nombre de salariés concernés sur trente jours
ProjetConsultation du CSEEntretien préalablePSE obligatoire
Un salariéPas systématique pour la rupture individuelleOuiNon au seul titre de ce projet
Deux à neuf salariésOui, lorsqu’il existeOui, pour chacunNon au seul titre de ce projet
Dix salariés ou plus, entreprise de moins de cinquante salariésOui, lorsqu’il existeSi l’entreprise est sans CSENon
Dix salariés ou plus, entreprise d’au moins cinquante salariésOui, lorsqu’il existeSi l’entreprise est sans CSEOui

Ce tableau présente le cas général. Il faut vérifier les règles de cumul des licenciements successifs, la situation des salariés protégés et les procédures de redressement ou de liquidation. L’absence de CSE ne dispense pas d’organiser les élections lorsqu’elles sont obligatoires. L’obligation de reclassement doit être examinée avant la rupture, quelle que soit la ligne du tableau applicable (procédures officielles selon le nombre de licenciements).


Entretien préalable et notification


L’entretien préalable est obligatoire pour moins de dix licenciements sur trente jours ; à partir de dix, il l’est dans les entreprises sans CSE. La convocation précède l’entretien d’au moins cinq jours ouvrables, sans compter le jour de présentation ou de remise ni celui de l’entretien. Le salarié peut se faire assister dans les conditions légales. L’employeur expose les motifs envisagés et recueille ses explications. Pour un licenciement individuel ou de moins de dix salariés sur trente jours, la lettre recommandée avec avis de réception est envoyée au moins sept jours ouvrables après la date prévue de l’entretien ; le délai est de quinze jours ouvrables pour le licenciement individuel du personnel d’encadrement visé par la loi. Les licenciements d’au moins dix salariés et les procédures collectives judiciaires suivent des règles spécifiques.


L'ordre des licenciements


Lorsqu’un choix doit être opéré entre salariés, l’ordre des licenciements repose sur les règles conventionnelles applicables ou, à défaut, sur des critères définis après consultation du CSE. Les critères légaux comprennent les charges de famille, notamment des parents isolés, l’ancienneté, les difficultés particulières de réinsertion, notamment des salariés handicapés ou âgés, et les qualités professionnelles appréciées par catégorie. L’employeur peut pondérer les critères mais doit tous les prendre en compte ; il ne peut choisir arbitrairement la personne à licencier.


Avantages et inconvénients du licenciement économique


Avantages pour l'employeur


Pour l'employeur, le principal avantage du licenciement économique est de permettre de rééquilibrer les finances de l'entreprise et d'assurer sa viabilité à long terme. La réduction des coûts salarials peut aider à maintenir la compétitivité et à se concentrer sur des secteurs plus rentables.


Inconvénients pour l'employeur


Le licenciement économique comporte également des inconvénients pour l'employeur. Cela peut entraîner une perte de compétences et de savoir-faire accumulés par les salariés licenciés. De plus, l'image de l'entreprise peut souffrir auprès de ses partenaires et de son public.


Avantages pour le salarié


Bien que subissant une perte d'emploi, le salarié licencié pour motif économique bénéficie de certaines protections et aides financières. Les indemnités de licenciement, les formations de reconversion et l'accompagnement par les services publics de l'emploi sont autant de dispositifs mis en place pour faciliter une transition vers un nouvel emploi.


Inconvénients pour le salarié


Aucun licenciement n'est sans conséquence pour le salarié. Ce dernier fait face à une incertitude professionnelle et financière, à un bouleversement de vie personnelle ainsi qu'à une période de recherche d'emploi potentiellement longue et stressante. En cas de doutes, consultez un avocat droit du travail.


Indemnités de licenciement


Lors d'un licenciement économique, des indemnités spécifiques sont prévues pour compenser la rupture du contrat de travail.


Indemnités légales de licenciement


Le salarié en CDI licencié pour motif économique bénéficie de l’indemnité légale à partir de huit mois d’ancienneté ininterrompue chez le même employeur, sauf règle plus favorable. Cette condition s’apprécie à la date d’envoi de la lettre. Le montant est calculé selon l’ancienneté retenue et se compose de :


  • Un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années.

  • Un tiers de mois de salaire par année d'ancienneté à partir de la onzième année.


Il convient de noter que ces montants peuvent être augmentés par des conventions collectives ou des accords d'entreprise.

Le salaire de référence est la formule la plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois — ou des mois travaillés si l’ancienneté est inférieure à douze mois — et le tiers des trois derniers mois, avec proratisation des primes annuelles ou exceptionnelles. Les années incomplètes sont retenues au prorata des mois complets. Un arrêt maladie, un temps partiel thérapeutique ou une alternance temps plein/temps partiel appelle un calcul adapté : le dernier salaire mensuel seul peut être trompeur (conditions et calcul officiel de l’indemnité).

Exemple de calcul avec cinq ans d’ancienneté

Pour un salarié en CDI à temps plein dont le salaire brut de référence est de 4 000 € et l’ancienneté retenue de cinq années complètes, l’indemnité légale minimale est : 4 000 € × 1/4 × 5 = 5 000 €. Cet exemple suppose que les dates et le salaire de référence ont été vérifiés. Une convention ou un accord collectif plus favorable peut conduire à un montant supérieur.

Ces 5 000 € ne représentent pas toutes les sommes de fin de contrat. Une indemnité compensatrice de congés payés est due pour les congés acquis restant à prendre. Le préavis appelle un contrôle séparé : lorsque l’employeur dispense le salarié de l’exécuter, une indemnité compensatrice est en principe due ; l’adhésion au CSP suit des règles particulières selon l’ancienneté et la durée du préavis (indemnités du salarié licencié économique).


Indemnités supra-légales et autres compensations


Certaines entreprises prévoient des indemnités « supra-légales » dépassant le minimum applicable, notamment dans un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) après négociation. Il faut vérifier le texte qui les institue et leurs conditions. Une rupture conventionnelle individuelle ou collective est un mode de rupture distinct du licenciement économique : ses indemnités ne doivent pas être confondues avec celles de cette procédure.


Droits du salarié licencié


Les droits du salarié licencié pour motif économique visent à protéger ce dernier et à lui assurer une certaine sécurité durant la période de transition vers un nouvel emploi.


Préretraite et reclassement professionnel


L’âge ne donne pas, à lui seul, un droit à une préretraite après un licenciement économique : un dispositif particulier et ses conditions doivent être identifiés. En revanche, l’adaptation et la recherche de reclassement préalable sont des obligations de l’employeur. Les emplois disponibles sont recherchés en France dans l’entreprise et, le cas échéant, les entreprises du groupe permettant une permutation du personnel. Il faut rechercher un poste de même catégorie ou équivalent avec rémunération équivalente ; un poste inférieur nécessite l’accord exprès du salarié. Les offres sont écrites et précises. Les mesures d’accompagnement vers un emploi externe ne remplacent pas cette recherche préalable.


France Travail et assurance chômage


Les salariés licenciés peuvent s’inscrire à France Travail et percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) s’ils remplissent les conditions. Le montant dépend notamment des rémunérations de référence ; la durée dépend des périodes d’activité retenues, de l’âge et des règles applicables. L’ancienneté chez le dernier employeur ne suffit donc pas à déterminer les droits. En cas d’adhésion au CSP, l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP) relève de règles distinctes.

CSP, congé de reclassement et priorité de réembauche

Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) doit être proposé dans les entreprises qui ne relèvent pas du congé de reclassement, en pratique celles de moins de mille salariés sous réserve des règles de groupe, ainsi qu’en redressement ou liquidation judiciaire quel que soit l’effectif. Le délai de réflexion est de vingt et un jours calendaires à compter du lendemain de la remise des documents ; une règle particulière concerne les salariés protégés. L’acceptation modifie les conditions de rupture et le traitement du préavis : il faut comparer ARE et ASP, accompagnement et sommes effectivement versées avant de décider.

Dans les entreprises et groupes relevant du seuil légal d’au moins mille salariés, le congé de reclassement permet des actions de formation et un accompagnement, sous réserve notamment des règles des procédures collectives (article L.1233-71). Le salarié licencié économique bénéficie aussi d’une priorité de réembauche pendant un an à compter de la rupture s’il la demande dans ce même délai ; les emplois proposés doivent être compatibles avec sa qualification.


Soutien psychologique


Certains plans sociaux incluent un soutien psychologique pour aider les salariés à gérer le stress et l’anxiété générés par la perte soudaine de leur emploi.


Conséquences du licenciement économique


Sur le plan financier


La perte d’emploi a des conséquences immédiates sur les revenus du salarié. Même avec des allocations chômage, le niveau de vie peut diminuer. D’un point de vue macroéconomique, des licenciements massifs peuvent affecter la santé économique d’une région entière, notamment si la principale entreprise locale réduit fortement ses effectifs.



Sur le plan familial


Les tensions familiales peuvent augmenter en raison de l'insécurité financière et des changements de rythme de vie. L’ensemble du foyer est impacté économiquement et émotionnellement par le licenciement d’un ou plusieurs membres de la famille.


Répercussions sociétales


Les licenciements économiques peuvent influencer la cohésion sociale. Les zones géographiques touchées voient souvent croître le taux de chômage, ce qui peut générer des inégalités et des tensions sociales.


Contestation du licenciement économique


Motifs et recours légaux


Un salarié peut contester les motifs économiques, le reclassement ou la régularité de sa rupture devant le conseil de prud’hommes. L’action individuelle contestant le licenciement économique doit en principe être engagée dans les douze mois de sa notification. En cas d’adhésion au CSP, le délai de douze mois court à compter de l’adhésion et n’est opposable que s’il figure dans la proposition de CSP. Les litiges portant sur la validation ou l’homologation du PSE relèvent du tribunal administratif, dans les conditions et délais propres à ce recours : ils ne doivent pas être confondus avec la contestation individuelle du motif économique.

Pièces à conserver : la lettre de licenciement, les documents du CSP ou du PSE, le contrat et l’accord collectif applicable, les bulletins de salaire, les propositions de reclassement et vos réponses. Ces éléments permettent de confronter le motif annoncé, la suppression ou transformation d’emploi, les recherches de poste et les sommes versées. Ils aident à préciser la contestation ; leur présence ne garantit pas une issue favorable.


Procédure prud’homale


La procédure prud’homale comporte en principe une phase de conciliation et d’orientation ; en l’absence d’accord, le litige est jugé, sous réserve des procédures particulières. Depuis le 1er mars 2026, une contribution de 50 € est due pour saisir le conseil, sauf notamment en cas d’aide juridictionnelle. L’appel n’est possible que si le jugement est susceptible d’appel ; certaines décisions sont rendues en dernier ressort. Le délai ordinaire d’appel est d’un mois à compter de la notification ou de la signification du jugement, et la représentation par avocat ou défenseur syndical est obligatoire en appel.

Sources utiles : délai de contestation individuelle, contentieux administratif du PSE et conditions de saisine du conseil de prud’hommes.


En cas de victoire du salarié, quelles sont les possibilités ?


En cas de victoire du salarié, diverses solutions peuvent être envisagées :


  • Réintégration selon le régime applicable : pour un licenciement sans cause réelle et sérieuse, le juge peut la proposer et chaque partie peut la refuser. Une nullité obéit à d’autres règles ; le paiement de salaires entre la rupture et la décision n’est pas automatique.

  • Dommages et intérêts selon le manquement établi, le régime applicable et, le cas échéant, le barème légal ; une irrégularité de procédure ne produit pas nécessairement les mêmes effets qu’une absence de motif valable.

  • Reconnaissance d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec les conséquences financières prévues par la loi ; la nullité suppose un fondement distinct.


Ces décisions permettent de réparer les injustices et d'offrir une forme de réparation au salarié lésé.

POUR PROLONGER LA LECTURE

Retrouvez nos décryptages juridiques

Suivez Le Bouard Avocats pour découvrir nos vidéos et nos actualités.

Besoin d’un avocat pour votre situation ?

Découvrez notre accompagnement en Avocat pour licenciement à Versailles & IDF.

Nous Contacter 

01 39 02 02 29
Appeler le cabinet01 39 02 02 29Prendre RDV