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Le Bouard Avocats · Versailles

Comment calculer l'indemnité de licenciement ?

Maître Noémie Le Bouard

L’expertise du cabinet

Me Noémie Le Bouard

Avocate au barreau de Versailles

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Parcours et publications

Ancienne Première secrétaire de la Conférence du barreau de Versailles. Chroniqueuse au Village de la Justice et au Journal du Net.

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Le Bouard Avocats · 2026-04-07 · Actualisé le 15 octobre 2026

En résumé : L'indemnité légale de licenciement est due à tout salarié en CDI avec au moins 8 mois d'ancienneté, licencié pour motif personnel ou économique (hors faute grave ou lourde). La formule : 1/4 de mois de salaire par an pour les 10 premières années, 1/3 de mois par an au-delà. Votre convention collective peut prévoir un montant plus favorable. En cas de doute sur votre calcul, consultez un avocat en droit du travail à Versailles.




Quelles sont les conditions pour toucher une indemnité de licenciement ?


Avant d'estimer le montant de l'indemnité, il faut vérifier que les conditions d'indemnité sont bien réunies.


Conditions cumulatives (article L1234-9 du Code du travail) :


  • Être titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée (CDI)

  • Justifier d'une ancienneté minimale de 8 mois ininterrompus dans l'entreprise

  • Faire l'objet d'un licenciement pour motif personnel (insuffisance professionnelle, inaptitude, faute simple, etc.) ou d'un licenciement économique


Cas dans lesquels l'indemnité n'est pas due :


Situation

Indemnité légale

Faute grave

❌ Non versée

Faute lourde

❌ Non versée

Démission

❌ Non versée

Rupture conventionnelle

❌ Indemnité spécifique de rupture (montant minimum identique à l'indemnité légale — art. L1237-13 CT)

CDD

Non applicable au CDD : indemnité de fin de contrat en principe due, sous réserve des exceptions légales (articles L1243-8 et L1243-10).

Ancienneté < 8 mois

❌ Non versée


⚠️ Important : La rupture conventionnelle n'est pas un licenciement. Elle obéit à une procédure spécifique et ouvre droit à une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, dont le montant minimum est identique à l'indemnité légale de licenciement. En savoir plus sur la rupture conventionnelle →

Quel est le montant de l'indemnité de licenciement ?


Le montant de l'indemnité de licenciement dépend de trois paramètres : votre ancienneté, votre salaire de référence, et les dispositions de votre convention collective.


Les 3 niveaux d'indemnisation possibles

Type d'indemnité

Base juridique

Montant

Priorité

Indemnité légale

Art. R1234-2 Code du travail

Plancher minimum

S'applique par défaut

Indemnité conventionnelle

Convention collective / accord d'entreprise

Souvent supérieure

Remplace le légal si plus favorable

Indemnité supra-légale

Négociation, transaction, PSE

Au-delà du minimum

Versée en complément

Exemples concrets de montants


Exemple 1 — Salarié avec 3 ans d'ancienneté, salaire mensuel brut de 2 000 €

  • 3 ans × 1/4 = 0,75 mois de salaire

  • Indemnité légale = 0,75 × 2 000 € = 1 500 €


Exemple 2 — Salarié avec 8 ans d'ancienneté, salaire mensuel brut de 2 800 €

  • 8 ans × 1/4 = 2 mois de salaire

  • Indemnité légale = 2 × 2 800 € = 5 600 €


Exemple 3 — Salarié avec 15 ans d'ancienneté, salaire mensuel brut de 3 500 €

  • 10 ans × 1/4 = 2,5 mois

  • 5 ans × 1/3 = 1,67 mois

  • Total = 25/6 mois de salaire (environ 4,1667)

  • Indemnité légale = (25/6) × 3 500 € = 14 583,33 €


Exemple 4 — Salarié avec 22 ans d'ancienneté, salaire mensuel brut de 4 200 €

  • 10 ans × 1/4 = 2,5 mois

  • 12 ans × 1/3 = 4 mois

  • Total = 6,5 mois de salaire

  • Indemnité légale = 6,5 × 4 200 € = 27 300 €

💡 À noter : Ces montants sont des estimations basées sur l'indemnité légale minimale. Votre convention collective (métallurgie, bâtiment, cadres, etc.) peut prévoir un barème plus avantageux pour le salarié. Vérifiez toujours votre fiche de paie pour identifier la convention applicable.

Quelles sont les formules de calcul de l'indemnité de licenciement ?


La formule de calcul légale est définie à l'article R1234-2 du Code du travail. Elle distingue deux tranches d'ancienneté.


Formule légale — Les 2 tranches

Tranche 1 — Pour les 10 premières années d'ancienneté :
→ 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté

Tranche 2 — Pour les années au-delà de 10 ans :→ 1/3 de mois de salaire brut par année d'ancienneté


Calcul détaillé étape par étape


Étape 1 — Déterminer l'ancienneté totale (en années et mois, à la date de rupture effective du contrat)


Étape 2 — Appliquer la tranche 1 : multiplier les années ≤ 10 par 1/4


Étape 3 — Appliquer la tranche 2 : multiplier les années > 10 par 1/3


Étape 4 — Additionner les deux résultats pour obtenir le nombre de mois de salaire


Étape 5 — Multiplier par le salaire de référence (moyenne des 12 ou des 3 derniers mois — voir section dédiée)


Étape 6 — Comparer avec l'indemnité conventionnelle et retenir la plus avantageuse


Prise en compte des mois incomplets


Les années incomplètes sont calculées au prorata des mois complets travaillés.


Exemple : 7 ans et 4 mois d'ancienneté


  • 7 ans × 1/4 = 1,75 mois

  • 4 mois × (1/4 ÷ 12) = 0,083 mois

  • Total = 1,833 mois de salaire


Indemnité conventionnelle de licenciement


Si votre convention collective prévoit une formule plus favorable (base de calcul différente, ancienneté minimale réduite, barème spécifique pour les cadres), c'est cette indemnité conventionnelle qui s'applique à la place de l'indemnité légale.


La loi impose de retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié.


💡 Conseil pratique : Pour identifier votre convention collective, consultez votre bulletin de paie (mention obligatoire) ou le site officiel legifrance.gouv.fr. Un juriste spécialisé peut vérifier si votre convention prévoit un barème plus favorable.

🧮 Comment utiliser le simulateur d'indemnité de licenciement ?


Le simulateur ci-dessous vous permet d'estimer le montant de votre indemnité légale de licenciement gratuitement, en quelques secondes. Il applique la formule de l'article R1234-2 du Code du travail.


Mode d'emploi — 4 étapes


Étape 1 — Saisissez votre salaire mensuel brut

Indiquez le salaire mensuel brut de référence le plus favorable après comparaison des moyennes sur 12 et 3 mois (ou de tous les mois travaillés si moins de 12 mois). Intégrez les éléments de salaire et proratisez les primes annuelles selon les règles expliquées ci-dessous. Exemple : pour un salaire de référence de 2 500 €, saisissez 2500.


Étape 2 — Renseignez votre ancienneté

Indiquez le nombre d'années complètes, puis les mois supplémentaires (de 0 à 11). Exemple : 8 ans et 6 mois → saisir "8" années et "6" mois.


Étape 3 — Sélectionnez le type de licenciement

  • Motif personnel (hors faute grave/lourde) : formule légale standard

  • Licenciement économique : même formule légale

  • Inaptitude professionnelle : simulation du double du montant légal, sous réserve des conditions et limites précisées dans l'outil.


Étape 4 — Cliquez sur "Calculer"

Le simulateur affiche le détail du calcul et le montant estimé en euros.


⚠️ Limites du simulateur : Ce résultat est une estimation basée sur l'indemnité légale minimale, hors dispositions conventionnelles plus favorables. Il ne tient pas compte des primes variables, des avantages en nature, ni des spécificités de votre convention collective. Pour connaître votre montant exact, consultez un avocat en droit du travail.




Résultat estimatif


Le Bouard Avocats · Outil pratique

Estimer votre indemnité légale de licenciement

Renseignez le salaire de référence et l’ancienneté retenue pour le calcul. Comparez toujours le résultat avec votre convention collective.

Pour l’inaptitude professionnelle, le doublement est simulé sous réserve des conditions légales, notamment l’absence de refus abusif de reclassement. L’ancienneté à saisir doit être préalablement vérifiée selon votre situation.

Complétez les champs pour afficher le détail du calcul.

Montant brut indicatif, hors indemnité conventionnelle plus favorable, fiscalité, préavis, congés payés et dommages-intérêts. Cet outil ne répartit pas les périodes successives à temps plein et partiel et ne détermine pas les périodes d’absence à retenir. Saisissez un salaire intégrant les éléments de rémunération pertinents. Vérifier les règles officielles. Calcul local, sans envoi de vos saisies.

En cas d’inaptitude professionnelle, le seuil ordinaire de 8 mois ne conditionne pas l’indemnité spéciale (Cass. soc., 10 novembre 1988, n° 86-41.100). Pour le salaire à saisir, l’article L1226-16 prévoit le salaire moyen qui aurait été perçu pendant les trois derniers mois si le salarié avait continué à travailler au poste occupé avant la suspension liée à l’accident ou à la maladie professionnelle.

⚠️ Estimation indicative basée sur l'indemnité légale minimale. Votre convention collective peut prévoir un montant plus favorable. Pour connaître vos droits exacts, consultez un avocat en droit du travail.


Quel salaire est pris en compte pour le calcul ?


Le salaire de référence est défini par l'article R1234-4 du Code du travail. L'employeur a l'obligation de retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié entre :


Méthode 1 — Moyenne mensuelle des 12 derniers mois


Additionner l'ensemble des rémunérations brutes perçues au cours des 12 derniers mois retenus pour le calcul, puis diviser par 12.


Méthode 2 — Moyenne mensuelle des 3 derniers mois


Additionner les rémunérations brutes des 3 derniers mois retenus, puis diviser par 3. Une prime annuelle versée pendant cette période n'est retenue que pour sa part correspondant à 3 mois : intégrer un quart de la prime dans le total trimestriel, soit un douzième dans la moyenne mensuelle.


Éléments à intégrer dans la base de calcul :


  • Salaire mensuel brut de base

  • Primes (ancienneté, performance, 13e mois au prorata)

  • Commissions et bonus

  • Avantages en nature (véhicule de fonction, logement, transport)

  • Heures supplémentaires structurelles


Éléments exclus de la base de calcul :


  • Remboursements de frais professionnels, notamment les indemnités kilométriques justifiées : ils compensent une dépense et ne constituent pas un salaire.

  • Participation et intéressement

  • Primes exceptionnelles sans caractère de salaire

Jurisprudence : Cass. soc., 23 mai 2017, n° 15-22.223 : en cas d’arrêt maladie, retenir le salaire des 12 ou 3 mois précédant cet arrêt, selon la formule la plus favorable. Cass. soc., 5 mars 2025, n° 23-20.172 : pour l’indemnité de licenciement d’une salariée dont le temps partiel thérapeutique suit l’arrêt maladie, retenir la période antérieure à cet arrêt. Les références complètes figurent en fin d’article.

Comment calculer l'indemnité selon l'ancienneté ?


Quelle date retenir ?


Il faut distinguer deux dates. Le droit à l'indemnité légale exige, en principe, 8 mois d'ancienneté à la date d'envoi de la lettre de licenciement. Pour déterminer son montant, l'ancienneté est en principe calculée jusqu'à la fin du préavis, même lorsque l'employeur dispense de l'exécuter. Des règles spécifiques existent notamment pour l'inaptitude et le CSP.

⚠️ Cette règle est importante : si votre préavis dure 3 mois, votre ancienneté est calculée à la date de fin du préavis, et non à la date d'envoi de la lettre de licenciement.

Quelles périodes sont incluses dans l'ancienneté ?


Période de suspension du contrat

Prise en compte

Congé maternité / paternité

✅ Oui, intégralement

Arrêt de travail pour accident du travail

✅ Oui, intégralement

Maladie professionnelle

✅ Oui, intégralement

Congé parental d'éducation

Pour moitié si le congé parental est à temps plein ; intégralement à temps partiel (article L1225-54), sauf dispositions plus favorables.

Arrêt maladie non professionnel

❌ En principe non pris en compte, sauf disposition plus favorable de la convention collective

⚠️ Cas des contrats successifs : Si vous avez enchaîné plusieurs contrats (CDD puis CDI) dans la même entreprise sans interruption, la jurisprudence de la Cour de cassation, chambre sociale, permet dans certains cas de faire valoir une ancienneté continue depuis le premier contrat. Ce point mérite d'être vérifié avec un avocat.

La convention collective peut-elle prévoir une indemnité plus élevée ?

Oui — et c'est fréquent. L'indemnité légale constitue un plancher. Si votre convention collective, votre accord d'entreprise ou votre contrat de travail prévoit une indemnité conventionnelle de licenciement plus favorable, c'est cette dernière qui s'applique.


Conventions collectives avec barèmes souvent plus favorables :


  • Convention collective de la métallurgie

  • Certaines conventions collectives de branche, par exemple la métallurgie, le bâtiment, le commerce de détail ou Syntec

  • Convention collective du bâtiment et des travaux publics

  • Convention collective du commerce de détail

💡 Démarche pratique : Votre convention collective est mentionnée sur votre bulletin de paie (mention obligatoire). Vous pouvez également accéder aux textes sur legifrance.gouv.fr ou sur le site du service public service-public.fr. En cas de doute, un juriste ou un avocat peut déterminer la convention applicable et vérifier si elle vous est plus favorable.


Cas particuliers : temps partiel, inaptitude, licenciement économique


Salarié à temps partiel


Le calcul de l'indemnité se fait sur la base du salaire réel perçu à temps partiel. Si le salarié a travaillé successivement à temps plein puis à temps partiel, le calcul doit tenir compte séparément de chaque période afin de neutraliser l'effet défavorable du temps partiel sur l'indemnité.


Licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle


Lorsque l'inaptitude résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, le salarié perçoit une indemnité spéciale de licenciement équivalente au double de l'indemnité légale (article L1226-14 du Code du travail). Certaines conventions collectives peuvent prévoir un montant encore plus élevé.


👉 Pour en savoir plus sur vos droits en cas de licenciement pour inaptitude : Licenciement pour inaptitude : droits et indemnités →

Licenciement économique


Le calcul de l'indemnité de licenciement économique suit la même formule légale. Dans le cadre d'un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE), l'employeur peut proposer une indemnité supra-légale négociée. D'autres dispositifs peuvent s'ajouter : congé de reclassement, contrat de sécurisation professionnelle (CSP).


Mise à la retraite par l'employeur


La mise à la retraite à l'initiative de l'employeur ouvre droit à une indemnité de mise à la retraite dont le calcul est identique à celui de l'indemnité légale de licenciement (article L1237-7 du Code du travail). Elle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale.


Salarié protégé (représentant du personnel, délégué syndical)


Le calcul de l'indemnité reste identique aux règles légales ou conventionnelles. En revanche, la procédure de licenciement est différente et nécessite l'autorisation préalable de l'Inspection du travail. La durée de la procédure peut avoir un impact sur la date de rupture effective du contrat, et donc sur l'ancienneté retenue.



Quel est le régime fiscal de l'indemnité de licenciement ?


Principe d'exonération (article 80 duodecies du CGI)


L'indemnité de licenciement bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu.


Conformément à l'article 80 duodecies du Code général des impôts, l'exonération s'applique au plus élevé des trois montants suivants :


  • Le montant de l'indemnité prévu par la loi, la convention collective de branche ou un accord professionnel ou interprofessionnel applicable.

  • Le double de la rémunération annuelle brute perçue l'année précédant le licenciement

  • 50 % du montant total de l'indemnité perçue


Le plafond de 6 PASS concerne les limites calculées d'après le double de la rémunération annuelle ou la moitié de l'indemnité ; il ne plafonne pas l'exonération du montant légal ou conventionnel de branche. Pour un versement en 2026, le PASS est de 48 060 € : 6 PASS = 288 360 €. L'indemnité versée dans un PSE relève d'un régime d'exonération spécifique.


Tableau récapitulatif


Situation

Exonération fiscale

Indemnité légale ou conventionnelle

✅ Exonérée dans les limites de l'art. 80 duodecies CGI

Indemnité supra-légale

Comparer le minimum légal/conventionnel avec le double de la rémunération annuelle et 50 % de l'indemnité ; plafond de 6 PASS pour ces deux dernières limites.

Partie dépassant les plafonds

❌ Imposable à l'impôt sur le revenu


Régime social (cotisations)


Le régime social est distinct du régime fiscal. La fraction exonérée d'impôt peut être exclue des cotisations dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 € en 2026, sous les conditions de l'article L242-1 du Code de la sécurité sociale. Si le montant total dépasse 10 PASS (480 600 € en 2026), l'indemnité est soumise intégralement aux cotisations. La CSG-CRDS obéit à une limite propre, tenant notamment au montant légal ou conventionnel et à la fraction exclue de cotisations.


La fraction exonérée d'impôt sur le revenu est en principe également exonérée de cotisations sociales, dans certaines limites propres au régime social. Au-delà de ces seuils, tout ou partie de l'indemnité peut être soumise aux cotisations sociales et à la CSG-CRDS.


⚠️ Attention : La structuration de l'indemnité dans le cadre d'une transaction ou d'un accord peut avoir un impact fiscal significatif. Un avocat en droit du travail peut vous aider à optimiser ce point avant la signature de tout document.


Indemnité en cas de licenciement abusif


Si votre licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse (licenciement abusif), le Conseil de prud'hommes peut vous accorder une indemnité prud'homale en plus de l'indemnité de licenciement.

⚠️ À ne pas confondre : L'indemnité de licenciement est distincte des indemnités que le juge peut accorder en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse ou en cas d'irrégularité de procédure. Le barème Macron de l'article L1235-3 du Code du travail concerne l'indemnisation du licenciement sans cause réelle et sérieuse.

En cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, l'indemnité prud'homale est encadrée par le barème Macron prévu à l'article L1235-3 du Code du travail :


Le tableau suivant concerne les entreprises d’au moins 11 salariés. Pour moins de 11 salariés, les planchers sont différents jusqu’à 10 années d’ancienneté. Le barème ne s’applique pas aux nullités visées à l’article L1235-3-1.

Ancienneté

Minimum (mois de salaire)

Maximum (mois de salaire)

1 an

1

2

2 ans

3

3,5

3 ans

3

4

5 ans

3

6

8 ans

3

8

10 ans

3

10

15 ans

3

13

20 ans

3

15,5

25 ans

3

18

30 ans et +

3

20

L'action portant sur la rupture du contrat se prescrit en principe par 12 mois à compter de sa notification (article L1471-1). Ce n'est pas un délai universel : les demandes de salaire, de réparation d'un dommage corporel, de discrimination ou de harcèlement relèvent de règles distinctes. Le délai applicable doit être vérifié selon la demande et les éventuels délais spéciaux.

👉 Vous avez reçu des avertissements avant votre licenciement ? Découvrez combien d'avertissements peuvent précéder un licenciement →

✅ Ce qu'il faut retenir

  • L'indemnité légale est due à tout salarié en CDI avec 8 mois d'ancienneté minimum, licencié pour motif personnel ou économique (hors faute grave ou lourde)

  • La formule légale : 1/4 de mois par an pour les 10 premières années, 1/3 de mois par an au-delà (art. R1234-2 CT)

  • Le salaire de référence retient la formule la plus avantageuse entre la moyenne des 12 ou des 3 derniers mois (primes incluses)

  • L'ancienneté est calculée à la date de rupture effective du contrat (fin du préavis, exécuté ou non)

  • La convention collective peut prévoir une indemnité plus favorable — elle prime sur le légal

  • En cas d'inaptitude professionnelle : indemnité spéciale égale au double du montant légal, sauf disposition conventionnelle plus favorable et sous réserve des conditions de l'article L1226-14.

  • L'indemnité légale est exonérée d'impôt sur le revenu dans les limites de l'article 80 duodecies du CGI


📞 Votre indemnité vous semble insuffisante ?


Le calcul de l'indemnité de licenciement peut sembler simple, mais de nombreux paramètres sont souvent sous-estimés : primes non intégrées dans le salaire de référence, convention collective plus favorable non appliquée, ancienneté mal calculée, inaptitude d'origine professionnelle non reconnue, procédure de licenciement irrégulière...


Le cabinet Le Bouard Avocats intervient en droit du travail à Versailles, analyse votre dossier et défend vos droits.



FAQ — Questions fréquentes


L'indemnité de licenciement est-elle versée automatiquement ?


Si les conditions sont remplies, l'employeur doit calculer et verser l'indemnité à la fin du contrat, sans demande préalable du salarié. Un défaut ou une erreur de versement peut être contesté devant le conseil de prud'hommes. L'action liée à la rupture relève en principe du délai de 12 mois, sous réserve des règles propres à la demande. Un reçu pour solde de tout compte signé doit être dénoncé dans les 6 mois pour les sommes qui y sont mentionnées (article L1234-20).


Peut-on cumuler indemnité de licenciement et allocations chômage ?


Oui, sous réserve des conditions d'ouverture des droits à l'ARE. L'indemnité légale de licenciement ne crée pas de différé spécifique. La fraction dépassant le minimum légal peut en créer un, y compris lorsqu'elle résulte de la convention collective ; elle n'a pas besoin d'être importante. Un différé de congés payés et un délai d'attente peuvent également s'appliquer. France Travail détermine la date de début d'indemnisation.


L'indemnité de licenciement est-elle imposable ?


Le montant légal ou conventionnel de branche est exonéré d'impôt sur le revenu. Pour une indemnité supérieure, on compare ce montant avec le plus élevé du double de la rémunération brute de l'année précédente ou de la moitié de l'indemnité, ces deux dernières limites étant plafonnées à 288 360 € pour un versement en 2026 (6 PASS). Le surplus est imposable, sauf régime particulier, notamment dans un PSE.


Que faire si mon employeur a retenu une faute grave pour m'exclure de l'indemnité ?


La qualification de faute grave est soumise au contrôle du juge. Si vous estimez que la faute retenue n'est pas réelle ou ne présente pas la gravité suffisante, vous pouvez contester votre licenciement devant le Conseil de prud'hommes. Un avocat peut analyser votre lettre de licenciement et évaluer vos chances de succès.


Quelle est la différence entre indemnité de licenciement et indemnité de rupture conventionnelle ?


Ce sont deux indemnités distinctes. La rupture conventionnelle n'est pas un licenciement : elle suit une procédure spécifique, avec homologation administrative ou autorisation pour un salarié protégé. Son indemnité spécifique ne peut pas être inférieure au minimum légal de licenciement ; un minimum conventionnel plus favorable peut s'imposer selon le texte applicable. En savoir plus sur la rupture conventionnelle


Mon employeur peut-il déduire le préavis non effectué de l'indemnité ?


Non. L'indemnité de licenciement et l'indemnité compensatrice de préavis sont deux indemnités distinctes et cumulables. Si l'employeur dispense le salarié d'effectuer son préavis, il doit lui verser une indemnité compensatrice de préavis en plus de l'indemnité de licenciement.


📋 Sources utiles



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Précisions pour sécuriser votre calcul

Une convention collective, un contrat ou un usage peut prévoir des droits plus favorables, y compris une indemnité malgré une ancienneté inférieure à 8 mois ou une faute grave ou lourde. L’indemnité spéciale d’inaptitude professionnelle se compare au double du montant légal ; une convention plus favorable peut s’appliquer sans être automatiquement doublée. Un refus abusif du reclassement, établi par l’employeur, peut priver des indemnités spécifiques de l’article L1226-14.

Pour une succession de périodes à temps plein et à temps partiel, le calcul tient compte de chaque période. Le congé parental à temps partiel bénéficie d’une protection particulière : l’indemnité du salarié initialement à temps plein se calcule sur cette rémunération à temps plein. En cas d’inaptitude non professionnelle, le préavis est pris en compte pour calculer l’indemnité légale, même si la rupture est immédiate. En cas de CSP, le préavis théorique est également pris en compte.

Les huit mois requis s’apprécient pour l’ouverture du droit à la notification, et non uniquement à la fin du préavis. Les primes annuelles se proratisent ; ne pas arrondir le nombre de mois de salaire avant le résultat final. Les barèmes conventionnels de la métallurgie, du BTP, du commerce ou de Syntec doivent être lus selon la convention précise, la catégorie et la date applicables : ces exemples ne garantissent pas à tous un montant supérieur.

Références de l’actualisation du 15 octobre 2026

Cass. soc., 10 novembre 1988, n° 86-41.100 ; article L1226-16 : salaire reconstitué en cas d’inaptitude professionnelle.

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