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Rupture conventionnelle : indemnités et droits au chômage

  • Photo du rédacteur: Le Bouard Avocats
    Le Bouard Avocats
  • il y a 56 minutes
  • 16 min de lecture

La rupture conventionnelle permet à un salarié de quitter son CDI d'un commun accord avec son entreprise. Vous percevrez une indemnité de rupture (négociée ou légale) ET vous aurez droit aux allocations chômage (ARE).


Attention : un délai de carence de 7 jours minimum s'applique avant de toucher le chômage, pouvant être prolongé selon le montant de votre indemnité. L'indemnité n'impacte pas le montant du chômage, mais retarde son versement. Ce guide vous explique chaque étape pour préserver vos droits.





1. Qu'est-ce qu'une rupture conventionnelle ? Définition et principes


La rupture conventionnelle est un mode de cessation du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) reposant sur un accord commun entre l'employeur et le salarié. Contrairement au licenciement ou à la démission, elle ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties.


Différences clés : rupture conventionnelle vs licenciement vs démission

Aspect

Rupture conventionnelle

Licenciement

Démission

Initiative

Accord commun

Employeur seul

Salarié seul

Indemnité obligatoire

✅ Oui

✅ Oui (légale)

❌ Non

Droit au chômage

✅ Oui

✅ Oui

❌ Non (sauf cas exceptionnels)

Préavis

❌ Non (Pas de préavis légal (date fixée par accord)

✅ Oui

✅ Oui

Négociation possible

✅ Oui

❌ Non

❌ Non

Cause réelle et sérieuse requise

❌ Non

✅ Oui

❌ Non


Avantage majeur : La rupture conventionnelle permet au salarié de négocier son départ tout en conservant ses droits au chômage. C'est un véritable tremplin pour quitter votre emploi en toute sérénité, contrairement à une démission qui entraîne une perte de droits.


Il n’existe pas de préavis légal en rupture conventionnelle : la date de fin du contrat est fixée d’un commun accord dans la convention, sous réserve du respect des délais de rétractation et d’homologation.


Rupture conventionnelle vs indemnité légale de licenciement


Contrairement au licenciement pour motif économique ou autre, la rupture conventionnelle ne suppose pas une cause réelle et sérieuse. C'est un accord amiable où chaque partie accepte les conditions de fin de contrat de travail.


2. Comment calculer l'indemnité de rupture conventionnelle ?


2.1 Formule légale et montants minimums


Le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle est négocié entre l'employeur et le salarié. Cependant, il existe un minimum légal que vous ne pouvez pas accepter en dessous.


Formule de calcul légale :


  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté (jusqu'à 10 ans)

  • + 1/3 de mois de salaire par année au-delà de 10 ans


Exemples concrets :

Ancienneté

Salaire mensuel

Indemnité minimale

3 ans

2 500 €

1 875 € (3 × 2 500 ÷ 4)

5 ans

2 500 €

3 125 € (5 × 2 500 ÷ 4)

10 ans

2 500 €

6 250 € (10 × 2 500 ÷ 4)

15 ans

2 500 €

8 750 € (10 × 2 500 ÷ 4 + 5 × 2 500 ÷ 3)

2.2 Salaire de référence : ce qui compte vraiment


Pour calculer votre indemnité, on prend en compte :


  • Salaire brut de base

  • Primes régulières (13e mois, primes d'ancienneté, etc.)

  • Commissions et bonus (s'ils sont habituels)

  • Avantages en nature

  • Gratifications exceptionnelles (non incluses)


Conseil d'avocat spécialisé en rupture conventionnelle : Vérifiez que votre employeur inclut bien TOUS vos éléments de rémunération. C'est une source fréquente de litige. La donnée de votre salaire de référence est cruciale pour respecter le calcul légal.


2.3 Cas particuliers et majorations


  • Ancienneté supérieure à 10 ans : Au-delà de 10 ans, la formule change. Vous bénéficiez d'une indemnité plus généreuse (1/3 au lieu de 1/4).

  • Salaires variables : Si vous percevez des commissions ou des primes variables, on calcule la moyenne des 12 derniers mois.

  • Cadres vs non-cadres : La formule légale s'applique à tous. Cependant, votre convention collective peut prévoir une indemnité plus favorable.

  • Contrat CDD : Attention, la rupture conventionnelle concerne principalement les CDI. Pour un CDD, les règles sont différentes.


2.4 Indemnité légale vs indemnité négociée


Des dispositions conventionnelles, contractuelles ou un usage peuvent prévoir une autre formule de calcul que celle de l'indemnité légale. Dans ce cas, le salarié perçoit l'indemnité la plus favorable.


Exemple : Si votre convention collective prévoit 1/3 de mois par année (au lieu de 1/4), vous bénéficiez automatiquement de cette formule plus avantageuse.

2.5 Outil de calcul et vérification


Utilisez cet outil simple pour vérifier votre indemnité :


Indemnité minimale = (Ancienneté ≤ 10 ans × Salaire mensuel ÷ 4)                     + (Ancienneté > 10 ans × Salaire mensuel ÷ 3)

Exemple : 8 ans d'ancienneté, 2 500 €/mois = (8 × 2 500 ÷ 4) = 5 000 €



3. Quels sont mes droits au chômage après une rupture conventionnelle ?


3.1 La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit au chômage ?


OUI, absolument. La rupture conventionnelle du CDI et le chômage sont compatibles ! En effet, ce mode de rupture du contrat permet au salarié de bénéficier de l'ARE (Allocation d'Aide au Retour à l'Emploi), ce qui n'est pas le cas de la démission, sauf dans des situations très précises de démission légitime.


C'est l'un des grands avantages de la rupture conventionnelle : vous ne perdez pas vos droits au chômage, contrairement à une démission qui entraîne une perte totale de ces droits.


3.2 Conditions d'éligibilité au chômage


Pour toucher l'allocation chômage après une rupture conventionnelle, vous devez remplir ces conditions :

Condition

Détail

Durée de travail

En dessous de 6 mois travaillés, vous ne pouvez prétendre au versement de l'allocation chômage. Si vous avez travaillé plus de 6 mois lors des 24 derniers mois précédant la rupture conventionnelle, la durée d'indemnisation sera calculée sur 183 jours calendaires minimum et 730 jours calendaires au maximum.

Rupture valide

La rupture conventionnelle doit être homologuée par l'administration (DREETS)

Inscription auprès de France Travail

Le salarié doit s’inscrire comme demandeur d’emploi dès la fin effective de son contrat de travail afin d’ouvrir ses droits à l’allocation chômage.

Même si un délai maximal existe pour faire valoir ses droits, une inscription tardive entraîne mécaniquement un report du point de départ des indemnités.Il est donc fortement recommandé de s’inscrire immédiatement après la rupture du contrat.

Recherche active

Vous devez être à la recherche permanente et effective d'un emploi

Autorisation de travail

Vous devez disposer de l'autorisation de travailler en France

⚠️ Piège courant : Ne pas s'inscrire à France Travail dans les 12 mois. Faites-le rapidement après la signature !


3.3 Cumul indemnité + allocation chômage : c'est possible !


La rupture conventionnelle permet au salarié de bénéficier d'une double indemnisation, en touchant l'indemnité de rupture conventionnelle et le chômage.


Point crucial : L'indemnité de rupture conventionnelle légale n'impacte pas le montant de l'ARE, mais influence le délai de carence.


À noter : si vous avez perçu une indemnité de rupture conventionnelle, celle-ci ne sera pas comptabilisée dans le calcul de votre ARE. L'allocation se base uniquement sur vos salaires antérieurs, pas sur l'indemnité de départ.


Exemple concret :


  • Indemnité de rupture : 10 000 € (versée immédiatement)

  • Allocation chômage : 1 200 €/mois (après délai de carence)

  • Total : 10 000 € + 1 200 € × durée d'indemnisation


4. Y a-t-il un délai de carence ? Comment le calculer ?


4.1 Qu'est-ce que le délai de carence ?


Le délai de carence est une période durant laquelle vous ne percevez aucune allocation, même si vous êtes inscrit à France Travail. Objectif : éviter le cumul immédiat entre indemnités de départ et chômage.


Important : Ce délai ne réduit PAS votre durée totale d'indemnisation. Il repousse simplement le point de départ du versement.


4.2 Composition du délai de carence


Le délai de carence se compose de trois éléments cumulatifs :


1️⃣ Délai incompressible : 7 jours minimum

Le délai fixe incompressible : 7 jours minimum, systématique pour tous. Ce délai s'applique à TOUS les salariés, sans exception.


2️⃣ Différé lié aux indemnités supra-légales

Le différé lié aux indemnités supra-légales : on divise le montant de l'indemnité au-delà du minimum légal par 109,6 (en 2025) ; le résultat donne un nombre de jours de différé, plafonné à 150 jours.


Exemple de calcul :


  • Indemnité légale minimale : 5 000 €

  • Indemnité négociée : 8 000 €

  • Différé = (8 000 - 5 000) ÷ 109,6 = 27 jours


3️⃣ Différé congés payés


Le différé congés payés : calculé selon l'indemnité compensatrice de congés payés reçue ; il ne peut excéder 30 jours.


4.3 Plafond maximum : 150 jours


Le délai de carence est au minimum de 7 jours mais peut atteindre 150 jours selon vos indemnités, outre le nombre de jours correspondant à votre indemnité compensatrice de congés payés.


Exemple complet :


  • Délai incompressible : 7 jours

  • Différé indemnité supra-légale : 91 jours

  • Différé congés payés : 20 jours

  • Total = 118 jours (avant de toucher le chômage)


4.4 Calcul prévisionnelle du délai


Avant de signer, demandez à votre employeur une estimation prévisionnelle du délai de carence. Cela vous permettra d'anticiper votre situation financière et de préparer votre recherche d'emploi en conséquence.


5. Comment se déroule l'homologation de la rupture conventionnelle ?


5.1 Étapes obligatoires de la procédure


La rupture conventionnelle obéit à une procédure strictement encadrée par le Code du travail.


Étape 1 : Entretien(s) préalable(s)


Au moins un entretien doit être organisé entre l’employeur et le salarié afin de discuter des conditions de la rupture (date de fin du contrat et montant de l’indemnité).Le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou, à défaut, par un conseiller du salarié.L’employeur doit informer le salarié de cette faculté d’assistance.


Étape 2 : Signature de la convention


La convention de rupture est signée par les deux parties. Elle fixe :

  • la date de rupture du contrat,

  • le montant de l’indemnité spécifique,

  • les modalités de versement.


Étape 3 : Délai légal de rétractation (15 jours calendaires)


À compter du lendemain de la signature de la convention, chaque partie dispose d’un délai de 15 jours calendaires pour se rétracter librement, sans avoir à motiver sa décision.


Aucune rupture du contrat de travail ne peut intervenir avant l’expiration de ce délai.


Étape 4 : Homologation par la DREETS


À l’issue du délai de rétractation, la convention est transmise à la DREETS pour homologation.L’administration dispose d’un délai de 15 jours ouvrables pour vérifier la régularité de la procédure et l’absence de vice du consentement.


À défaut de réponse dans ce délai, l’homologation est réputée acquise.


5.2 Documents obligatoires et formulaire


Le document de rupture conventionnelle doit contenir :


  • ✅ Identité des parties

  • ✅ Date de signature

  • ✅ Montant de l'indemnité

  • ✅ Date de fin de votre contrat

  • ✅ Modalités de versement de l'indemnité

  • ✅ Mention du droit à un conseil

  • ✅ Formulaire CERFA (fourni par l'administration)


Conseil d'avocat : Avant de signer, faites vérifier le document par un professionnel. Une erreur administrative peut invalider toute la procédure. Demandez une copie signée du document.


5.3 Rôle de l'inspecteur du travail


L'inspecteur du travail peut être sollicité pour vérifier la régularité de la procédure. Il dispose d'un pouvoir de contrôle et peut refuser l'homologation si la procédure n'a pas été respectée ou si le salarié a été contraint.


6. Puis-je toucher le chômage immédiatement après la rupture ?


6.1 La réponse : NON, pas immédiatement


En pratique, le premier versement intervient généralement entre 30 et 45 jours après la fin de votre contrat de travail.


Plusieurs délais s'ajoutent :


  1. Délai de carence (7 à 150 jours selon votre situation)

  2. Délai de traitement du dossier par France travail (quelques jours)

  3. Délai de virement bancaire (1-2 jours)


6.2 Quand commencer à percevoir l'allocation ?


Un délai de carence incompressible de 7 jours : Il s'applique à toute nouvelle prise en charge par l'assurance chômage. Le montant de l'ARE se base sur le Salaire Journalier de Référence et retient la formule la plus favorable (40,4 % du SJR + part fixe ou 57 % du SJR), avec plancher et plafond ; les délais d'attente incluent 7 jours de carence, un différé lié aux congés payés et le différé spécifique si indemnité supra-légale.


Chronologie type :


  • J0 : Signature de la convention

  • J+1 à J+15 : Délai légal de rétractation

  • J+16 à J+30 ouvrables : Instruction par la DREETS

  • À l’issue : rupture effective du contrat à la date prévue dans la convention

  • Puis application du délai de carence avant versement des allocations chômage


6.3 Comment accélérer le processus ?


Conseil pratique : Inscrivez-vous à France Travail (ex Pôle Emploi) dès le lendemain de la signature de votre rupture conventionnelle. Plus vous attendez, plus le délai de carence commence tard.


Documents à préparer :


  • Attestation employeur (remise à la fin de votre contrat)

  • Pièce d'identité

  • Carte Vitale

  • RIB pour le versement

  • Formulaire d'inscription à France travail


Action anticipée : Demandez à votre employeur une attestation prévisionnelle dès la signature, cela accélère le traitement.


7. Quels sont les montants des allocations chômage ?


7.1 Comment est calculé le  salaire journalier de référence (SJR) ?


Le salaire journalier de référence est calculé à partir des rémunérations perçues au cours :


  • des 24 derniers mois précédant la rupture du contrat pour les salariés de moins de 55 ans,

  • des 36 derniers mois pour les salariés âgés de 55 ans et plus.


Le total des salaires bruts perçus sur cette période est divisé par le nombre de jours calendaires compris entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat sur cette période.


Formule :

Salaire Journalier de Référence (SJR) = Total salaires bruts (24-36 derniers mois) / Nombre de jours calendaires

7.2 Deux formules de calcul : la plus avantageuse est retenue


Le calcul est réalisé de deux manières différentes : 40,4 % de votre salaire journalier de référence (SJR) + une partie fixe de 13,18€ (depuis le 01/07/2025).


L'objectif de ce double calcul est de tenir compte de votre niveau de rémunération précédente et de vous verser le montant d'allocation le plus avantageux dans votre situation.


Exemple concret :


  • SJR = 80 €/jour

  • Formule 1 : (80 × 40,4%) + 13,18 = 45,30 €/jour

  • Formule 2 : 80 × 57% = 45,60 €/jour

  • Allocation retenue : 45,60 €/jour (la plus élevée)


7.3 Montants plancher et plafond

Limite

Montant

Allocation minimale

32,13 € par jour (depuis le 01/07/2025)

Allocation maximale

75 % du salaire journalier de référence (SJR)

Important : Même si votre calcul donne moins de 32,13 €, vous percevrez au minimum 32,13 € par jour. Cette règle protège les salariés ayant un salaire antérieur faible.


7.4 Versement mensuel et taux


Depuis le 1er avril 2025, le paiement de l'ARE est mensualisé. Le montant est calculé sur une base fixe de 30 jours calendaires, quel que soit le mois.


Exemple :

  • Allocation journalière : 45 €

  • Versement mensuel : 45 € × 30 = 1 350 €/mois


Taux de remplacement : En général, vous percevrez entre 40 et 75 % de votre salaire antérieur, selon votre situation.


7.5 Durée d'indemnisation et règle


Concernant la durée d'indemnisation du chômage après une rupture conventionnelle, celle-

ci dépend du nombre de mois durant lesquels vous aurez travaillé. La durée de versement de votre allocation chômage est calculée selon la durée d'affiliation (nombre de mois travaillés) durant les 24 derniers mois précédant la rupture conventionnelle.


Tableau de durée :

Durée de travail (24 derniers mois)

Durée d'indemnisation

6 mois

183 jours (6 mois)

12 mois

365 jours (12 mois)

24 mois

730 jours (24 mois)

36 mois+ (55 ans+)

Jusqu'à 36 mois


Règle importante : Plus vous avez travaillé longtemps, plus longtemps vous serez indemnisé.


8. Pièges et erreurs à éviter absolument


8.1 Erreurs administratives


Piège 1 : Signer sans homologation DREETS

  • La rupture n'est valable que si elle est homologuée

  • Vérifiez que l'administration a bien approuvé

  • Demandez une réponse écrite de l'administration


Piège 2 : Délai de réflexion non respecté

  • Les 15 jours de réflexion calendaire sont obligatoires

  • Une signature avant ce délai invalide la rupture

  • Anticipez cette période dans votre planning


Piège 3 : Document incomplet ou non signée

  • Tous les éléments obligatoires doivent être présents

  • Une omission peut servir de base à une contestation

  • Vérifiez que le document est signé par les deux parties


Piège 4 : Oublier de s'inscrire à France Travail

  • Vous avez 12 mois, mais inscrivez-vous rapidement

  • Sans inscription, pas de chômage

  • Conservez la preuve de votre inscription


8.2 Erreurs financières


Piège 5 : Accepter une indemnité inférieure au minimum légal

  • Vous avez le droit de négocier, mais pas en dessous du minimum

  • Vérifiez le calcul : 1/4 de mois par année d'ancienneté

  • Demandez une explication écrite si le montant semble faible


Piège 6 : Oublier les primes et commissions

  • Elles doivent être incluses dans le calcul du salaire de référence

  • Vérifiez que votre employeur les a comptabilisées

  • Demandez un détail du calcul


Piège 7 : Ne pas négocier

  • L'indemnité légale est un MINIMUM, pas un maximum

  • Vous pouvez demander plus, surtout si vous avez une bonne ancienneté

  • Utilisez cet outil de négociation pour améliorer votre situation


8.3 Erreurs juridiques


Piège 8 : Signer sans assistance

  • Faites relire le document par un avocat ou un représentant du personnel

  • Une erreur peut vous coûter cher

  • Demandez l'assistance d'un professionnel


Piège 9 : Accepter des clauses abusives

  • Non-concurrence excessive

  • Confidentialité trop large

  • Remboursement de formation disproportionné

  • Faute grave ou abandon de poste : vérifiez que rien ne vous est reproché


Piège 10 : Ignorer vos droits à la sécurité sociale

  • Vérifiez votre couverture maladie après la rupture

  • Vous pouvez bénéficier de l'aide au retour à l'emploi (ARE)

  • Renseignez-vous sur les aides disponibles


Piège 11 : Accepter une rupture imposée

  • La rupture conventionnelle suppose un accord commun

  • Si vous êtes contraint, vous pouvez contester devant le conseil de prud'hommes

  • Demandez l'assistance d'un avocat si vous avez des doutes


9. Situations spéciales : activité partielle, licencié antérieurement, etc.


9.1 Rupture conventionnelle après activité partielle


Si vous avez bénéficié d'une activité partielle (chômage technique) avant la rupture, cela peut impacter le calcul de votre indemnité et de votre allocation chômage.

Règle : Les périodes d'activité partielle sont comptabilisées dans votre ancienneté, mais le salaire de référence peut être réduit.


9.2 Rupture conventionnelle si vous avez été licencié antérieurement


Si vous avez déjà été licencié et que vous avez épuisé vos droits au chômage, une nouvelle rupture conventionnelle peut vous ouvrir de nouveaux droits.

Condition : Vous devez avoir travaillé au moins 6 mois depuis votre dernier licenciement.


9.3 Rupture conventionnelle et licenciement pour motif économique


Ne confondez pas rupture conventionnelle et licenciement pour motif économique. Le licenciement pour motif économique suppose une cause réelle et sérieuse (difficultés économiques de l'entreprise), tandis que la rupture conventionnelle est un accord amiable.


10. Quand faire appel à un avocat ?


10.1 Situations nécessitant un conseil juridique


Vous devriez consulter un avocat si :


L'indemnité proposée semble faible

  • Comparez avec le calcul légal

  • Demandez une vérification professionnelle

  • Un avocat peut négocier une indemnité supérieure


Des clauses abusives figurent dans le document

  • Non-concurrence excessif

  • Confidentialité trop large

  • Remboursement de formation disproportionné

  • Faute grave ou abandon de poste mentionnés


Vous avez des doutes sur vos droits au chômage

  • Situation complexe (contrats multiples, périodes de maladie, etc.)

  • Ancienneté limite (proche des 6 mois)

  • Doutes sur votre éligibilité à France Travail


Vous êtes salarié protégé

  • Représentant du personnel

  • Femme enceinte

  • Personne en congé maternité/paternité

  • Victime d'accident du travail ou maladie professionnelle

  • Ces situations requièrent une assistance spéciale


Vous avez été contraint ou menacé

  • Si vous sentez une pression de votre employeur

  • Si la procédure n'a pas été respectée

  • Un avocat peut contester la rupture devant le conseil de prud'hommes


10.2 Comment un avocat peut vous aider


🔍 Vérifier le calcul de l'indemnité


  • Inclusion de tous les éléments de rémunération

  • Application de la bonne formule

  • Comparaison avec votre convention collective


🔍 Négocier avec l'employeur


  • Augmenter l'indemnité

  • Supprimer les clauses abusives

  • Améliorer les conditions de départ


🔍 Vérifier les clauses du document


  • Conformité légale

  • Absence de pièges

  • Protection de vos droits futurs


🔍 Optimiser vos droits au chômage


  • Vérifier votre éligibilité

  • Anticiper les délais de carence

  • Maximiser votre allocation


🔍 Contester une rupture abusive


  • Si vous avez été contraint

  • Si la procédure n'a pas été respectée

  • Recours devant le conseil de prud'hommes ou la cour de cassation


10.3 Conseil local à Versailles


Le cabinet Le Bouard Avocats à Versailles dispose d'une compétence reconnue en droit du travail. Nos avocats vous accompagnent dans toutes les étapes de votre rupture conventionnelle. Nous vous aidons à :


  • ✅ Négocier une indemnité juste et conforme à la loi

  • ✅ Vérifier la conformité de la procédure et du document

  • ✅ Protéger vos droits au chômage et à la sécurité sociale

  • ✅ Contester une rupture abusive ou irrégulière

  • ✅ Vous assister lors des entretiens avec votre employeur



11. FAQ - Questions fréquentes


Q1 : Rupture conventionnelle = licenciement ?

R : Non. La rupture conventionnelle est un accord amiable. Le licenciement est imposé par l'employeur et suppose une cause réelle et sérieuse. Avec la rupture conventionnelle, vous conservez vos droits au chômage, ce qui n'est pas le cas de la démission.


Q2 : Perte de droits sociaux après rupture ?

R : Non. Vous conservez tous vos droits : allocations chômage, assurance maladie, retraite. L'indemnité de rupture est en partie exonérée d'impôt et de cotisations sociales. Votre sécurité sociale est préservée.


Q3 : Peut-on refuser une rupture conventionnelle ?

R : Oui, absolument. C'est un accord commun. Si vous refusez, l'employeur ne peut pas vous forcer. Vous pouvez aussi vous rétracter pendant les 21 jours de réflexion ou les 14 jours après homologation.


Q4 : Délai pour toucher l'indemnité ?

R : Après le délai légal de 7 jours, auquel s'ajoutent éventuellement des différés liés aux indemnités. Le report total ne peut pas dépasser 150 jours. En pratique, l'indemnité est versée rapidement (quelques jours après la fin du contrat de travail).


Q5 : Peut-on contester une rupture conventionnelle ?

R : Oui, dans les 6 mois. Vous pouvez contester si la procédure n'a pas été respectée, si vous avez été contraint, ou si le document contient des erreurs. Adressez-vous au conseil de prud'hommes ou à la cour de cassation.


Q6 : Indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?

R : L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle bénéficie d’un régime fiscal et social particulier.Elle est en principe partiellement exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, dans certaines limites fixées par la loi.


La fraction excédant ces plafonds est soumise à l’impôt et aux cotisations sociales.Le régime applicable dépend notamment :


  • du montant de l’indemnité,

  • de l’ancienneté du salarié,

  • et du cadre fiscal en vigueur au moment de la rupture.


Il est recommandé de se faire accompagner par un professionnel afin d’optimiser sa situation fiscale.


Q7 : Indemnité et calcul du chômage ?

R : L'indemnité de rupture conventionnelle légale n'impacte pas le montant de l'ARE, mais influence le délai de carence. À noter : si vous avez perçu une indemnité de rupture conventionnelle, celle-ci ne sera pas comptabilisée dans le calcul de votre ARE. L'allocation se base uniquement sur vos salaires antérieurs, pas sur l'indemnité de départ.


Q8 : Combien de temps pour l'homologation ?

R : L'administration dispose de 15 jours pour examiner votre dossier. Passé ce délai sans réponse, l'homologation est réputée accordée. L'inspecteur du travail peut intervenir en cas de doute.


Q9 : Peut-on négocier l'indemnité ?

R : Oui, c'est même recommandé. L'indemnité légale est un minimum, pas un maximum. Vous pouvez demander plus, surtout si vous avez une bonne ancienneté ou une situation complexe. Demandez l'assistance d'un avocat pour négocier.


Q10 : Que faire si l'employeur refuse la rupture ?

R : Vous ne pouvez pas forcer votre employeur à accepter une rupture conventionnelle. C'est un accord commun. Vous pouvez explorer d'autres options (licenciement, démission, etc.) avec un avocat.


Q11 : Rupture conventionnelle et CDD ?

R : La rupture conventionnelle concerne principalement les CDI. Pour un CDD, les règles sont différentes. Consultez un avocat pour connaître vos options.


Q12 : Aide au retour à l'emploi après rupture ?

R : Oui, vous pouvez bénéficier de l'aide au retour à l'emploi (ARE) et d'autres dispositifs. Renseignez-vous auprès de France travail sur les formations et aides disponibles.


Sources utiles


Pour approfondir vos connaissances, consultez ces ressources officielles :



Résumé en checklist : avant de signer votre rupture


  • Vérifier le calcul de l'indemnité (1/4 de mois par année d'ancienneté)

  • Inclure tous les éléments de rémunération (primes, commissions, 13e mois)

  • Respecter le délai de réflexion (21 jours minimum)

  • Faire relire le document par un avocat ou représentant du personnel

  • Vérifier l'absence de clauses abusives (non-concurrence, confidentialité)

  • Demander l'homologation DREETS (obligatoire pour la validité)

  • S'inscrire à France Travail dans les 12 mois (idéalement rapidement)

  • Anticiper le délai de carence (7 à 150 jours selon votre situation)

  • Préparer les documents pour l'allocation chômage (attestation employeur, RIB, etc.)

  • Conserver une copie signée du document de rupture

  • Demander une attestation prévisionnelle du délai de carence


Sécurisez votre rupture conventionnelle


La rupture conventionnelle est une opportunité pour quitter votre emploi dans les meilleures conditions. Cependant, elle suppose de respecter une procédure stricte et de négocier vos droits. Ne laissez pas cette chance au hasard.


Vous avez des questions spécifiques sur votre rupture conventionnelle ? Le cabinet Le Bouard Avocats à Versailles vous accompagne à chaque étape. Nos avocats spécialisés en droit du travail vous aident à :


  • ✅ Négocier une indemnité juste

  • ✅ Vérifier la conformité de la procédure

  • ✅ Protéger vos droits au chômage

  • ✅ Contester une rupture abusive


 
 
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