top of page

Licenciement pour inaptitude : guide complet des droits et indemnités du salarié

  • Photo du rédacteur: Le Bouard Avocats
    Le Bouard Avocats
  • il y a 2 heures
  • 20 min de lecture

✔ L'inaptitude médicale doit être constatée par le médecin du travail

✔ L'employeur doit chercher un reclassement du salarié avant de licencier

✔ Indemnité de licenciement selon ancienneté (1/4 jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà)

✔ Pas de préavis exécuté en cas d'inaptitude

✔ Vous pouvez contester le licenciement aux prud'hommes dans les 12 mois


Vous avez reçu une notification de licenciement pour inaptitude ? Vous vous demandez quels sont vos droits et les indemnités auxquelles vous avez droit ?



Le licenciement pour inaptitude est une procédure spécifique du droit du travail français qui protège à la fois l'employeur et le salarié. Contrairement au licenciement pour motif personnel ou économique, l'inaptitude reconnaît que le salarié ne peut plus exercer son emploi pour des raisons de santé, sans que cela soit de sa faute.


Bonne nouvelle : Vous avez des droits importants et des indemnités garanties. Dans ce guide complet, nous vous expliquons :


  • La procédure exacte que doit suivre votre employeur

  • Les indemnités et allocations chômage auxquelles vous avez droit

  • Comment contester un licenciement pour inaptitude

  • Les recours disponibles


Nos avocats spécialisés en droit du travail vous accompagnent dans cette démarche. Lisez la suite pour comprendre vos droits.

Qu'est-ce que le licenciement pour inaptitude ?


Définition du licenciement pour inaptitude


Le licenciement pour inaptitude est une rupture du contrat de travail intervenant après qu'un médecin du travail a constaté l'inaptitude médicale d'un salarié à occuper son poste. Cette procédure vise à protéger le salarié inapte tout en respectant les obligations de l'employeur.


Important : L'inaptitude doit être médicalement constatée et notifiée par écrit par le médecin du travail. Elle ne peut pas être décidée par l'employeur seul. C'est une cause réelle et sérieuse de licenciement reconnue par le code du travail (article L1234-1).


Inaptitude professionnelle vs inaptitude sans reclassement possible


Inaptitude professionnelle :


  • Le salarié ne peut plus exercer son poste actuel

  • Mais peut être reclassé sur un autre poste compatible

  • L'employeur doit chercher un reclassement du salarié

  • Exemple : un chauffeur devenant inapte à la conduite peut être reclassé en bureau


Inaptitude sans possibilité de reclassement :


  • Le salarié ne peut exercer aucun emploi dans l'entreprise

  • Licenciement possible après recherche infructueuse de reclassement

  • Exemple : une maladie grave rendant impossible tout travail


État de santé et inaptitude médicale


L'inaptitude médicale est constatée lorsque l'état de santé du salarié rend impossible le maintien dans l'emploi. Cet état de santé peut résulter de :


  • Une maladie professionnelle reconnue

  • Un accident du travail

  • Une maladie non professionnelle

  • Un arrêt maladie prolongé


Qui décide de l'inaptitude ?


Le médecin du travail est le seul habilité à constater l'inaptitude. Il doit :


  • Examiner le salarié lors d'une visite médicale

  • Évaluer sa capacité à exercer son emploi

  • Proposer un reclassement du salarié si possible

  • Émettre un avis d'inaptitude écrit et motivé


L'avis du médecin est obligatoire et doit être transmis à l'employeur et au salarié. Sans cet avis, le licenciement est sans cause réelle et sérieuse.

Différence avec le licenciement pour motif personnel

Aspect

Inaptitude

Motif personnel

Cause

État de santé

Faute du salarié

Avis médecin

Obligatoire

Non requis

Reclassement

Obligatoire

Non obligatoire

Indemnité

Selon ancienneté

Selon ancienneté

Protection

Renforcée

Standard

Comment se déroule la procédure de licenciement pour inaptitude ?


La procédure de licenciement pour inaptitude est stricte et l'employeur doit la respecter scrupuleusement. Le non-respect de la procédure peut rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Étape 1 : Visite médicale et avis d'inaptitude


Convocation à la visite médicale : Après un arrêt maladie ou une suspicion d'inaptitude, le salarié est convoqué à une visite médicale auprès du médecin du travail. Cette convocation doit respecter un délai raisonnable.r


Déroulement de l'examen médical :


  • Examen clinique du salarié

  • Évaluation de la capacité à exercer l'emploi

  • Analyse de l'état de santé et des limitations

  • Proposition d'aménagement ou de reclassement si possible


Avis d'inaptitude : Le médecin établit un avis d'inaptitude écrit mentionnant :


  • L'inaptitude constatée et ses motifs

  • Si le maintien dans l'emploi serait gravement préjudiciable à la santé

  • Si un reclassement du salarié est possible

  • Les conditions de travail recommandées


Transmission de l'avis : Cet avis est transmis à l'employeur et au salarié. L'employeur ne peut ignorer cet avis du médecin.


Étape 2 : Recherche de reclassement du salarié


Obligation légale de reclassement : Après l'avis d'inaptitude, l'employeur a une obligation légale : il DOIT chercher un poste compatible avec l'état de santé du salarié (article L1226-10 du code du travail).


Durée de la recherche : La loi ne fixe pas de délai précis. L'employeur doit chercher dans un délai raisonnable. La jurisprudence considère qu'un mois est généralement suffisant.


Proposition de reclassement : L'employeur doit proposer un emploi avec :


  • Salaire aussi comparable que possible

  • Qualifications compatibles avec l'état de santé

  • Conditions de travail adaptées

  • Poste de travail accessible


Important : Le salaire peut être inférieur au salaire antérieur. Le salarié peut refuser un reclassement inadapté, mais le refus d'un reclassement adapté peut affecter ses droits au chômage.


Absence de reclassement possible : Si aucun poste n'existe dans l'entreprise, l'employeur doit justifier cette impossibilité. C'est un élément clé pour la validité du licenciement.


Étape 3 : Entretien préalable


Convocation à l'entretien : L'employeur convoque le salarié à un entretien préalable au licenciement par lettre recommandée ou remise en main propre.


Délai minimum : Au minimum 5 jours entre la convocation et l'entretien. Ce délai permet au salarié de se préparer et de se faire assister.


Contenu obligatoire de l'entretien :


  • Présentation de l'avis d'inaptitude du médecin

  • Justification de l'absence de reclassement possible

  • Droit du salarié à se faire assister (avocat, représentant, collègue)

  • Écoute des explications du salarié


Droit à l'assistance : Le salarié peut se faire assister par un avocat, un représentant du personnel ou un collègue. Cette assistance est gratuite et recommandée.


Compte-rendu : Un compte-rendu de l'entretien doit être établi et remis au salarié.


Étape 4 : Notification du licenciement


Forme de la notification : La notification doit être faite par lettre recommandée avec accusé de réception. C'est une formalité obligatoire.


Contenu obligatoire de la lettre de licenciement :


  • Motif du licenciement (inaptitude)

  • Référence précise à l'avis d'inaptitude

  • Justification de l'absence de reclassement

  • Date effective du licenciement


Lettre motivée : La lettre doit être motivée et claire. Une lettre vague ou insuffisamment motivée peut être contestée.


Étape 5 : Fin du contrat et absence de préavis exécuté


Important : En cas d'inaptitude, le salarié n'exécute PAS le préavis.


Inaptitude non professionnelle :


  • Pas de préavis exécuté

  • Pas d'indemnité de préavis

  • Le contrat prend fin immédiatement après notification


Inaptitude professionnelle (AT/MP) :


  • Pas de préavis exécuté

  • Indemnité compensatrice de préavis due (2 semaines de salaire)

  • Le contrat prend fin immédiatement après notification


Rémunération : Le salarié reçoit son dernier salaire et ses indemnités de licenciement.


Checklist : Procédure du licenciement pour inaptitude

Étape

Responsable

Document clé

Obligation

Visite médicale

Médecin du travail

Avis d'inaptitude

Obligatoire

Recherche reclassement

Employeur

Proposition d'emploi

Obligatoire

Entretien préalable

Employeur

Convocation

Obligatoire

Notification licenciement

Employeur

Lettre recommandée

Obligatoire

Fin du contrat

Employeur

Solde de tout compte

Obligatoire

Quelles sont les indemnités liées au licenciement pour inaptitude ?


Le salarié licencié pour inaptitude a droit à plusieurs indemnités. C'est la partie la plus importante pour comprendre vos droits financiers.


Indemnité légale de licenciement


Montant : Calculé selon l'ancienneté du salarié (article L1234-9 du code du travail)


  • Jusqu'à 10 ans d'ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année

  • Au-delà de 10 ans d'ancienneté : 1/3 de mois de salaire par année


Important : Cette règle s'applique à TOUS les licenciements, y compris pour inaptitude non professionnelle. Il n'y a pas d'indemnité plus élevée automatique pour inaptitude.


Calcul du salaire de référence : Le salaire utilisé est le salaire moyen des 3 derniers mois précédant le licenciement.


Exemple concret :


  • Salarié avec 5 ans d'ancienneté

  • Salaire moyen : 2 500€/mois

  • Indemnité = 2 500€ × 1/4 × 5 = 3 125€


Exemple avec plus de 10 ans :


  • Salarié avec 12 ans d'ancienneté

  • Salaire moyen : 2 500€/mois

  • Indemnité = (2 500€ × 1/4 × 10) + (2 500€ × 1/3 × 2) = 6 250€ + 1 667€ = 7 917€


Minimum légal : 1/10e de mois de salaire par année d'ancienneté (si plus favorable que le calcul ci-dessus).


Indemnité compensatrice de congés payés


Montant : Jours de congés non pris × salaire journalier


Calcul du salaire journalier : Salaire mensuel / 22 jours (nombre de jours travaillés par mois)


Exemple :


  • 10 jours de congés non pris

  • Salaire mensuel : 2 500€

  • Salaire journalier : 2 500€ / 22 = 113,64€

  • Indemnité : 10 × 113,64€ = 1 136€


Droit acquis : Tous les congés payés acquis et non pris donnent droit à une indemnité compensatrice.


Indemnité compensatrice de préavis (inaptitude professionnelle uniquement)


Important : Cette indemnité n'est due QUE si l'inaptitude est d'origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle reconnue).


Montant : 2 semaines de salaire brut


Calcul : Salaire mensuel / 4,33 semaines × 2 = indemnité de préavis


Exemple :


  • Salaire mensuel : 2 500€

  • Indemnité de préavis = 2 500€ / 4,33 × 2 = 1 154€


Inaptitude non professionnelle : Aucune indemnité de préavis n'est due.


Indemnité spéciale (maladie professionnelle ou accident du travail)


Condition : L'inaptitude doit résulter d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail reconnu.


Montant : Indemnité spéciale légale égale au double de l'indemnité légale de licenciement (article L1226-14 du Code du travail), sauf dispositions conventionnelles plus favorables.


Exemple :


  • Salarié avec 5 ans d'ancienneté

  • Inaptitude suite à accident du travail

  • Indemnité légale = 2 500€ × 1/4 × 5 = 3 125€

  • Indemnité spéciale = 3 125€ × 2 = 6 250€


Convention collective plus favorable : Certaines conventions collectives peuvent prévoir une indemnité supplémentaire au-delà du doublement. Vérifiez votre convention collective.


Indemnité conventionnelle


Montant : Selon la convention collective applicable

Certaines conventions collectives prévoient des indemnités plus favorables que le minimum légal. Vérifiez votre convention collective.


Exemple :


  • Convention collective prévoyant 1/2 mois de salaire par année

  • Salarié avec 5 ans d'ancienneté

  • Indemnité = 2 500€ × 1/2 × 5 = 6 250€ (au lieu de 3 125€)


Tableau récapitulatif des indemnités

Type d'indemnité

Montant

Condition

Indemnité légale de licenciement

1/4 jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà

Tous les licenciements

Congés payés non pris

Salaire × jours / 22

Congés acquis

Indemnité de préavis

2 semaines de salaire

Inaptitude professionnelle uniquement

Indemnité spéciale (AT/MP)

Double de l'indemnité légale

Origine professionnelle (art. L1226-14)

Indemnité conventionnelle

Selon convention

Convention applicable

Simulateur d'indemnités


Pour estimer vos indemnités :


  1. Ancienneté : _____ ans

  2. Salaire mensuel moyen : _____ €

  3. Jours de congés non pris : _____

  4. Origine professionnelle (AT/MP) : Oui / Non


Calcul :


  • Indemnité de licenciement = Salaire × (1/4 ou 1/3 selon ancienneté) × Ancienneté

  • Indemnité congés = Salaire / 22 × Jours non pris

  • Indemnité préavis = Salaire / 4,33 × 2 (si inaptitude professionnelle)

  • Indemnité spéciale = Indemnité de licenciement × 2 (si AT/MP)

  • Total estimé = _____ €


Quelles sont les obligations de l'employeur ?


L'employeur a des obligations légales strictes dans le cadre d'un licenciement pour inaptitude. Le non-respect de ces obligations peut rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Obligation d'obtenir l'avis du médecin du travail


Avis obligatoire : L'employeur ne peut pas licencier sans avis du médecin du travail. C'est une condition sine qua non (articles L1226-2 et L1226-10 du Code du travail selon l'origine de l'inaptitude).


Contenu de l'avis : L'avis doit être écrit et motivé. Il doit préciser :


  • L'inaptitude constatée

  • Si le maintien serait gravement préjudiciable à la santé

  • Si un reclassement est possible


Respect de l'avis : L'employeur doit respecter les recommandations du médecin concernant les conditions de travail.


Obligation de recherche de reclassement


Recherche active : L'employeur doit chercher activement un reclassement du salarié. Cette recherche doit être documentée (article L1226-10 du code du travail).


Délai raisonnable : Un délai d'environ 1 mois pour proposer un reclassement. Ce délai n'est pas fixe mais doit être suffisant pour une recherche sérieuse.


Proposition écrite : Le reclassement proposé doit être écrit et détaillé. Il doit préciser :


  • Le poste proposé

  • Le salaire

  • Les conditions de travail

  • La date de prise de fonction


Impossibilité documentée : Si aucun reclassement n'est possible, l'employeur doit justifier cette impossibilité par des éléments concrets.


Obligation de respecter la procédure


Entretien préalable : L'employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable au licenciement. Cette convocation doit respecter un délai minimum de 5 jours.


Droit à l'assistance : Le salarié a le droit de se faire assister lors de l'entretien. L'employeur ne peut pas refuser cette assistance.


Lettre de licenciement motivée : La lettre de licenciement doit être motivée et préciser les motifs du licenciement. Une lettre vague est contestable.


Respect des délais : Tous les délais légaux doivent être respectés. Un non-respect peut rendre le licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Obligation de verser les indemnités


Indemnités dues : L'employeur doit verser toutes les indemnités légales et conventionnelles dues au salarié.


Délai de versement : Les indemnités doivent être versées à la fin du contrat de travail ou dans un délai raisonnable.


Justification : L'employeur doit justifier le calcul des indemnités sur le bulletin de salaire final.


Quels sont les droits du salarié inapte ?


Le salarié inapte bénéficie de droits spécifiques reconnus par le droit du travail et visant à protéger le salarié.


Droit à la protection du salarié


Protection contre le licenciement abusif : Le salarié inapte bénéficie d'une protection renforcée. Un licenciement sans cause réelle et sérieuse est abusif.


Santé au travail : L'employeur doit assurer la santé au travail du salarié. Un licenciement pour inaptitude doit respecter cette obligation.


Vie privée : Les informations médicales du salarié sont confidentielles. L'employeur ne peut pas les divulguer.


Droit à l'allocation chômage (ARE)


Conditions d'accès : Le salarié licencié pour inaptitude a droit à l'allocation chômage s'il remplit les conditions :


  • Avoir travaillé au moins 88 jours (ou 507 heures) dans les 28 derniers mois

  • Être inscrit à Pôle Emploi

  • Être à la recherche active d'emploi

  • Être involontairement privé d'emploi


Montant : Environ 57% du salaire journalier de référence (calculé sur les 12 derniers mois).


Durée : Depuis la réforme de l'assurance chômage, les durées varient selon :


  • Votre âge

  • Votre durée d'affiliation

  • La situation économique


Consultez France Travail pour connaître votre durée exacte.


Inscription à France Travail (ex Pôle Emploi) : Vous devez vous inscrire à Pôle Emploi dans les 30 jours suivant la fin du contrat.


Droit à la rente d'inaptitude (maladie professionnelle)


Condition : L'inaptitude doit résulter d'une maladie professionnelle reconnue.


Montant : Selon le taux d'incapacité permanente :


  • 10% à 50% : Rente AT/MP

  • 50% et plus : Rente majorée


Cumul avec allocation chômage : La rente AT/MP est cumulable avec l'allocation chômage.


Durée : La rente est versée à vie si l'incapacité est permanente.


Droit à la formation professionnelle


Financement : Le salarié inapte peut bénéficier de formations financées par :


  • France travail

  • La région

  • L'OPCO (Opérateur de compétences)


Objectif : Faciliter le reclassement et l'accès à un nouvel emploi.


Durée : Les formations peuvent durer de quelques semaines à plusieurs mois selon le projet.


Droit à l'assistance d'un avocat


Représentation en justice : Le salarié peut se faire représenter par un avocat devant les prud'hommes.


Aide juridictionnelle : Si les revenus sont faibles, une aide juridictionnelle peut être accordée pour couvrir les frais d'avocat.


Droit à l'information


Transparence : L'employeur doit informer le salarié de :


  • L'avis d'inaptitude

  • Les possibilités de reclassement

  • Les indemnités dues

  • Ses droits et recours


Documentation : Le salarié a le droit de recevoir une copie de tous les documents (avis d'inaptitude, lettre de licenciement, etc.).


Comment contester un licenciement pour inaptitude ?


Si vous estimez que le licenciement pour inaptitude est injustifié ou que la procédure n'a pas été respectée, vous avez des recours.


Motifs de contestation possibles


Absence d'avis d'inaptitude : L'employeur n'a pas obtenu d'avis du médecin du travail. C'est un motif de licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Absence de reclassement : L'employeur n'a pas cherché à reclasser le salarié. C'est une violation de l'obligation légale.


Procédure non respectée :


  • Pas d'entretien préalable

  • Délais non respectés

  • Lettre de licenciement non motivée

  • Convocation insuffisante


Inaptitude contestable : L'avis du médecin du travail peut être contesté. Vous pouvez demander une expertise médicale devant le conseil de prud'hommes.


Discrimination : Le licenciement cache une discrimination (âge, handicap, origine, etc.). C'est un motif de licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Cause réelle et sérieuse : L'inaptitude n'est pas une cause réelle et sérieuse de licenciement si elle n'a pas été correctement constatée.


Procédure de contestation


Délai : 12 mois à partir de la notification du licenciement. Passé ce délai, le recours n'est plus possible (article L1471-1 du code du travail).


Étapes :


  1. Saisir le conseil de prud'hommes (gratuit)

  2. Présenter les preuves d'irrégularité

  3. Demander l'annulation du licenciement ou une indemnisation


Saisine du conseil de prud'hommes : Vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes de votre lieu de travail. La procédure est gratuite.


Représentation : Vous pouvez vous faire représenter par un avocat, un représentant du personnel ou un collègue.


Recours auprès du conseil de prud'hommes


Composition : Le conseil de prud'hommes est composé de juges élus (employeurs et salariés).


Procédure :


  1. Conciliation : tentative de résoudre le litige à l'amiable

  2. Jugement : si pas d'accord, le conseil rend un jugement


Durée : 1-2 ans en moyenne pour obtenir un jugement.


Coûts : Gratuit pour le salarié. Les frais d'avocat peuvent être couverts par l'aide juridictionnelle.


Résultats possibles


Licenciement sans cause réelle et sérieuse : Le licenciement est annulé et le salarié peut demander :


  • La réintégration dans l'entreprise

  • Une indemnité compensatrice (jusqu'à 6 mois de salaire)

  • Un rappel de salaire pour la période d'absence


Indemnisation : Dommages-intérêts pour licenciement abusif. Le montant dépend de la gravité de l'irrégularité.


Transaction : Accord amiable entre le salarié et l'employeur. Une indemnité transactionnelle peut être versée.


Jurisprudence : La Cour de cassation a établi une jurisprudence stricte sur le licenciement pour inaptitude. Les employeurs doivent respecter scrupuleusement la procédure.


Recours en appel


Délai : 1 mois après le jugement pour faire appel.


Cour d'appel : La cour d'appel peut confirmer, infirmer ou modifier le jugement du conseil de prud'hommes.


Pourvoi en cassation : Vous pouvez vous pourvoir en cassation si le jugement viole la loi. La Cour de cassation contrôle l'application du droit.


Cas pratiques : Licenciement pour inaptitude


Cas 1 : Inaptitude suite à un accident du travail


Situation : Marie, 45 ans, travaille depuis 12 ans dans une usine de production. Elle a un accident du travail qui lui cause une perte de mobilité du bras droit. Le médecin du travail constate l'inaptitude à son poste de manutentionnaire.


Procédure :


  1. Avis d'inaptitude du médecin du travail

  2. Employeur propose un reclassement en bureau (compatible avec l'inaptitude)

  3. Marie accepte le reclassement → pas de licenciement


Indemnités :


  • Aucune indemnité de licenciement (reclassement accepté)

  • Rente AT/MP selon le taux d'incapacité (ex : 20% = rente mensuelle)

  • Allocation chômage : non applicable (maintien en emploi)


Droits :


  • Maintien du salaire pendant le reclassement

  • Formation pour le nouveau poste

  • Aménagement des conditions de travail


Leçon : Le reclassement est toujours préférable au licenciement pour l'employeur et le salarié.


Cas 2 : Inaptitude sans possibilité de reclassement


Situation : Jean, 55 ans, travaille depuis 20 ans comme chauffeur routier. Il a un cancer qui le rend inapte à la conduite. L'employeur n'a aucun autre poste disponible dans l'entreprise.


Procédure :


  1. Avis d'inaptitude du médecin du travail

  2. Employeur cherche un reclassement (aucun poste disponible)

  3. Entretien préalable et notification du licenciement

  4. Fin du contrat sans préavis exécuté


Indemnités :


  • Indemnité de licenciement = 2 000€ × 1/4 × 10 ans + 2 000€ × 1/3 × 10 ans = 5 000€ + 6 667€ = 11 667€

  • Indemnité compensatrice de congés payés = 1 500€

  • Indemnité de préavis = 0€ (inaptitude non professionnelle)

  • Total = 13 167€


Allocations :


  • Allocation chômage (ARE) : selon durée d'affiliation (consulter Pôle Emploi)

  • Rente AT/MP : non applicable (maladie non professionnelle)


Droits :


  • Inscription à Pôle Emploi

  • Accès à la formation professionnelle

  • Aide à la recherche d'emploi


Leçon : L'indemnité de licenciement pour inaptitude suit la même règle que tout licenciement.


Cas 3 : Contestation du licenciement pour inaptitude


Situation : Sophie, 40 ans, est licenciée pour inaptitude. Elle conteste car :


  • L'employeur n'a pas cherché à la reclasser

  • L'entretien préalable n'a pas eu lieu

  • La lettre de licenciement n'est pas motivée


Recours :


  1. Saisine du conseil de prud'hommes (dans les 12 mois)

  2. Présentation des preuves (absence de convocation, absence de reclassement)

  3. Demande d'annulation du licenciement


Résultat possible :


  • Licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse

  • Indemnité compensatrice : jusqu'à 6 mois de salaire

  • Rappel de salaire pour la période d'absence


Indemnités :


  • Indemnité compensatrice : 3 mois × 2 500€ = 7 500€

  • Rappel de salaire : 6 mois × 2 500€ = 15 000€

  • Total = 22 500€


Leçon : Le non-respect de la procédure peut coûter très cher à l'employeur.


Cas 4 : Inaptitude professionnelle avec reclassement refusé


Situation : Thomas, 35 ans, travaille depuis 8 ans comme électricien. Une maladie professionnelle (TMS) le rend inapte aux travaux en hauteur. L'employeur propose un reclassement en bureau avec un salaire inférieur de 20%.


Procédure :


  1. Avis d'inaptitude du médecin du travail

  2. Proposition de reclassement (salaire réduit)

  3. Thomas refuse le reclassement (salaire inférieur)

  4. Licenciement pour inaptitude


Indemnités :


  • Indemnité de licenciement = 2 000€ × 1/4 × 8 = 4 000€

  • Indemnité compensatrice de congés payés = 1 000€

  • Indemnité de préavis = 2 000€ / 4,33 × 2 = 923€ (inaptitude professionnelle)

  • Total = 5 923€


Allocations :


  • Allocation chômage (ARE) : selon durée d'affiliation (consulter Pôle Emploi)

  • Rente AT/MP : selon taux d'incapacité


Leçon : Un reclassement avec salaire inférieur peut être refusé. L'indemnité de préavis s'applique en cas de maladie professionnelle.


Questions fréquentes sur le licenciement pour inaptitude


Peut-on être licencié pour inaptitude sans avis du médecin du travail ?


Réponse : Non. L'avis du médecin du travail est obligatoire. Sans cet avis, le licenciement est sans cause réelle et sérieuse. Le salarié peut demander une indemnité compensatrice ou sa réintégration.


Quel est le délai pour contester un licenciement pour inaptitude ?


Réponse : 12 mois à partir de la notification du licenciement. Vous devez saisir le conseil de prud'hommes dans ce délai. Passé ce délai, le recours n'est plus possible.


L'indemnité de licenciement pour inaptitude est-elle plus élevée ?


Réponse : Non, elle est calculée selon l'ancienneté (1/4 jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà). Cette règle s'applique à tous les licenciements, y compris pour inaptitude. Seule une convention collective peut prévoir une indemnité plus élevée.


Peut-on refuser le reclassement proposé par l'employeur ?


Réponse : Oui, mais le refus peut affecter vos droits au chômage. Le reclassement doit être compatible avec l'état de santé. Un reclassement inadapté ou avec salaire significativement inférieur peut être refusé.


Peut-on percevoir l'allocation chômage après un licenciement pour inaptitude ?


Réponse : Oui, si les conditions sont remplies (88 jours travaillés, inscription à Pôle Emploi, recherche active d'emploi). Le licenciement pour inaptitude n'est pas une cause de radiation du chômage.


Quel est le préavis après un licenciement pour inaptitude ?


Réponse : Il n'y a PAS de préavis exécuté en cas d'inaptitude. Le contrat prend fin immédiatement après notification. Une indemnité de préavis n'est due que si l'inaptitude est d'origine professionnelle (AT/MP).


L'inaptitude due à une maladie non professionnelle donne-t-elle droit à plus d'indemnités ?


Réponse : Non. Les indemnités sont identiques pour une maladie non professionnelle. Seule l'inaptitude due à un accident du travail ou une maladie professionnelle peut ouvrir droit à une indemnité de préavis.


Que faire si l'employeur ne respecte pas la procédure ?


Réponse : Vous pouvez contester le licenciement auprès du conseil de prud'hommes dans les 12 mois. Le licenciement peut être jugé sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à une indemnité compensatrice.


Puis-je demander une rupture conventionnelle au lieu d'un licenciement pour inaptitude ?


Réponse : Oui, mais c'est à l'initiative conjointe. Une rupture conventionnelle donne droit à une indemnité minimale de 1/4 mois/an, moins qu'un licenciement pour inaptitude. La rupture conventionnelle peut être plus avantageuse pour les allocations chômage.


Comment prouver que l'employeur n'a pas cherché un reclassement ?


Réponse : Conservez tous les documents : emails de l'employeur, offres d'emploi internes, témoignages de collègues, demandes écrites de reclassement. Ces preuves sont essentielles pour contester le licenciement.


Qu'est-ce qu'une inaptitude médicale ?


Réponse : L'inaptitude médicale est constatée par le médecin du travail lorsque l'état de santé du salarié rend impossible le maintien dans l'emploi. Elle peut résulter d'une maladie professionnelle, d'un accident du travail ou d'une maladie non professionnelle.


Quels sont les droits du salarié inapte ?


Réponse : Le salarié inapte a droit à : une protection renforcée contre le licenciement abusif, l'allocation chômage, une rente AT/MP (si maladie professionnelle), une formation professionnelle, et l'assistance d'un avocat.


Peut-on contester l'avis d'inaptitude du médecin du travail ?


Réponse : Oui. Vous pouvez demander une expertise médicale devant le conseil de prud'hommes. Un expert médecin peut être désigné pour évaluer l'inaptitude.


Quel est le rôle du médecin du travail dans le licenciement pour inaptitude ?


Réponse : Le médecin du travail constate l'inaptitude, évalue la capacité à travailler, propose un reclassement si possible, et émet un avis écrit obligatoire. Son avis lie l'employeur.


Quelles sont les conséquences d'une inaptitude professionnelle ?


Réponse : Les conséquences incluent : recherche obligatoire de reclassement, licenciement possible si pas de reclassement, indemnités de licenciement, allocation chômage, et possibilité de contester le licenciement.


Qu'est-ce que le licenciement pour inaptitude ?


Le licenciement pour inaptitude intervient lorsque l’inaptitude du salarié à occuper son poste est constatée médicalement.


Concrètement, l’employeur ne peut pas se fonder sur un simple état de santé ou sur des difficultés au travail : seule la procédure d’inaptitude encadrée par le Code du travail permet d’envisager une rupture.


L’avis du médecin du travail est donc déterminant. Il précise si le salarié est inapte, et peut indiquer des recommandations (aménagement, adaptation, changement de poste) ou, dans certains cas, l’impossibilité de reclassement.


Cette inaptitude du salarié peut être d’origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle) ou non professionnelle.


Dans tous les cas, l’état de santé du salarié est au coeur du dispositif, mais c’est bien l’avis du médecin qui déclenche les obligations de l’employeur et encadre la suite de la procédure.


Quelles sont les indemnités liées au licenciement ?


Les indemnités liées au licenciement pour inaptitude varient selon la situation et l’ancienneté du salarié, et selon que l’inaptitude est d’origine professionnelle ou non. Dans la majorité des cas, plusieurs sommes peuvent être dues.


D’abord, l’indemnité légale de licenciement est versée si le salarié remplit la condition d’ancienneté applicable. Son calcul dépend notamment de l’ancienneté du salarié et du salaire de référence.


Ensuite, une indemnité compensatrice peut s’ajouter, par exemple l’indemnité compensatrice de congés payés lorsque des jours restent dus au moment de la rupture. Selon les cas, une indemnité compensatrice liée au préavis peut aussi être due, même si le préavis n’est généralement pas exécuté en cas d’inaptitude.


Enfin, lorsque l’inaptitude est d’origine professionnelle, le salarié peut prétendre à une indemnité spéciale de licenciement, plus favorable que l’indemnité légale de licenciement. Il est donc essentiel de vérifier l’origine de l’inaptitude et l’ancienneté du salarié pour déterminer précisément les droits.


Quelles sont les obligations de l'employeur ?


En matière d’inaptitude du salarié, l’employeur ne peut pas licencier immédiatement après l’avis médical : il doit respecter des obligations strictes. La première est de tenir compte de l’avis du médecin du travail, qui encadre ce qui est possible ou non au regard de l’état de santé.


Ensuite, l’employeur doit mener une recherche de reclassement sérieuse, en identifiant un poste compatible avec les capacités restantes du salarié et, si nécessaire, en étudiant des aménagements du poste ou des conditions de travail.


Parallèlement, l’employeur reste tenu par son obligation de sécurité : il doit protéger la santé des salariés et prévenir les risques. Si les conditions de travail ont contribué à la dégradation de l’état de santé ou à l’inaptitude, cela peut avoir un impact majeur sur le contentieux.En pratique, l’employeur doit pouvoir prouver la réalité de la recherche de reclassement (postes disponibles, démarches, échanges), et justifier ses décisions à la lumière de l’avis du médecin.


Certaines mentions de l’avis médical peuvent toutefois dispenser l’employeur de reclassement, mais cela doit être solide et documenté.


Comment contester un licenciement pour inaptitude ?


La contestation de licenciement pour inaptitude est possible lorsque le salarié estime que la procédure est irrégulière ou que l’employeur n’a pas respecté ses obligations. Le motif le plus fréquent concerne la recherche de reclassement : reclassement non recherché, trop limité, postes disponibles non proposés, ou démarches insuffisantes au regard de l’avis du médecin et de l’état de santé.


D’autres contestations portent sur des manquements à l’obligation de sécurité, notamment si les conditions de travail ont joué un rôle dans l’apparition ou l’aggravation des difficultés.Le recours juridique se fait devant le Conseil de prud’hommes, avec un dossier étayé (avis médical, échanges, preuves des postes disponibles, documents internes). La jurisprudence en droit du travail est très fournie sur ces sujets : elle examine notamment la réalité de la recherche de reclassement, la cohérence avec l’avis du médecin, et les manquements éventuels de l’employeur.


Une contestation de licenciement bien construite peut permettre d’obtenir une indemnisation si le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse, ou si l’employeur a manqué à ses obligations.


Conséquences de l'inaptitude : rupture du contrat et situation de handicap


Inaptitude médicale et rupture du contrat


Rupture du contrat : L'inaptitude médicale entraîne généralement une rupture du contrat de travail. Cette rupture peut être :


  • Un licenciement pour inaptitude (si procédure respectée)

  • Une rupture conventionnelle (accord amiable)

  • Une démission (si salarié décide de partir)


Fin du contrat : À la fin du contrat, le salarié reçoit :


  • Ses indemnités de licenciement

  • Ses indemnités de congés payés

  • Son solde de tout compte

  • Ses documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation Pôle Emploi)


Conséquences financières : La rupture du contrat entraîne une perte de salaire. Les indemnités et l'allocation chômage aident à compenser cette perte.


Situation de handicap et inaptitude


Reconnaissance de handicap : Une inaptitude peut entraîner une reconnaissance de handicap auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).


Droits spécifiques : Les salariés reconnus handicapés bénéficient de droits spécifiques :


  • Obligation d'emploi des entreprises

  • Aménagements de poste

  • Formation professionnelle

  • Rente d'invalidité


Reclassement professionnel : Un salarié reconnu handicapé peut bénéficier d'un reclassement professionnel avec formation.


Accident du travail et inaptitude


Reconnaissance AT/MP : Un accident du travail reconnu ouvre droit à des indemnités spéciales :


  • Indemnité de préavis (si licenciement pour inaptitude)

  • Rente AT/MP

  • Frais médicaux couverts


Procédure de reconnaissance : L'accident du travail doit être déclaré à l'employeur dans les 24 heures. La CPAM statue sur la reconnaissance.


Indemnités AT/MP : Les indemnités AT/MP sont versées par la Sécurité sociale, pas par l'employeur.


Maladie professionnelle et inaptitude


Reconnaissance MP : Une maladie professionnelle doit être inscrite au tableau des maladies professionnelles ou reconnue par le système complémentaire.


Indemnités MP : Les indemnités MP incluent :


  • Indemnité de préavis (si licenciement pour inaptitude)

  • Rente AT/MP

  • Frais médicaux couverts


Procédure de reconnaissance : La maladie professionnelle doit être déclarée à l'employeur et à la CPAM. Un dossier médical est constitué.


Conséquences à long terme


Employabilité : Une inaptitude peut affecter l'employabilité du salarié. Une formation professionnelle peut aider à retrouver un emploi.


Santé mentale : La perte d'emploi peut affecter la santé mentale. Un soutien psychologique peut être utile.


Situation financière : L'allocation chômage aide à maintenir un revenu. Les indemnités de licenciement constituent une aide financière.


Retraite : Une inaptitude peut affecter le calcul de la retraite. Les périodes d'inaptitude peuvent être assimilées à des périodes cotisées.


Le licenciement pour inaptitude est une situation difficile, mais vous avez des droits importants. L'indemnité de licenciement, les congés payés et l'allocation chômage vous permettront de rebondir.


Cependant, la procédure est complexe et l'employeur doit la respecter scrupuleusement. Si vous pensez que votre licenciement ne respecte pas la loi, vous avez 12 mois pour agir.

Nos avocats spécialisés en droit du travail sont à votre disposition pour :


  • Analyser votre situation

  • Vérifier le respect de la procédure

  • Calculer vos indemnités

  • Vous représenter en justice si nécessaire


 
 
bottom of page