Partir en vacances pendant un arrêt maladie

Dernière mise à jour : 14 sept.
Peut-on partir en vacances pendant un arrêt maladie ? Les règles à connaître en 2026
Oui, un déplacement est possible pendant un arrêt maladie, mais l’arrêt de travail n’est pas juridiquement assimilé à une période de congés payés.
Le salarié doit respecter les règles de sorties indiquées par le médecin : sorties interdites, sorties autorisées avec présence obligatoire au domicile ou sorties libres.
En cas de sorties autorisées avec restriction, le salarié doit être présent à son lieu de résidence de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf soins ou examens médicaux.
Si le salarié réside temporairement à une autre adresse pendant son arrêt, il doit informer sans délai la CPAM de l’adresse à laquelle un contrôle peut être effectué.
Pour un séjour à l’étranger, il faut contacter la CPAM avant le départ. Selon le pays de destination, une autorisation préalable peut être nécessaire et le versement des indemnités journalières peut être suspendu.
À retenir : partir quelques jours pendant un arrêt maladie n’est pas interdit en soi. Le salarié doit surtout respecter les prescriptions médicales, rester contrôlable et accomplir les démarches nécessaires auprès de sa caisse.
Les droits et devoirs du salarié en arrêt maladie
Un arrêt maladie vient avec plusieurs responsabilités pour le salarié, ainsi que certains droits. La désignation d'une incapacité de travail par un médecin entraîne la génération d'un certificat médical transmis à l'employeur et à la Sécurité Sociale (SECU).
Ce document est essentiel pour garantir le versement d'indemnités journalières. Pour plus de détails sur les démarches spécifiques, consultez ces conseils pour salarié en droit du travail.
Les indemnités journalières
Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, il peut prétendre à des indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie. Ces indemnités compensent partiellement la perte de revenu due à l'absence prolongée.
En général, elles sont calculées en fonction du salaire antérieur et ne peuvent dépasser un certain plafond fixé annuellement par décret.

Respecter les contrôles médicaux
Pendant la durée de l’arrêt maladie, le salarié doit se soumettre aux éventuels contrôles médicaux. Ceux-ci sont organisés par l'assurance maladie pour vérifier la validité de l’incapacité déclarée. Une absence non justifiée lors d’un contrôle médical peut entraîner une suspension des indemnités journalières.
Article annexe : la visite de contrôle d'un salarié en arrêt maladie
Peut-on réellement partir en vacances pendant un arrêt maladie ?
Oui, un salarié peut séjourner temporairement ailleurs pendant un arrêt maladie, sous réserve de respecter les obligations attachées à son arrêt.
Il faut notamment vérifier :
si les sorties sont autorisées ou libres ;
si le déplacement est compatible avec les prescriptions médicales ;
si le salarié reste disponible pour un éventuel contrôle ;
et si la CPAM connaît l’adresse temporaire où le salarié réside.
Le médecin autorise les modalités de sortie. Il ne transforme pas l’arrêt maladie en congés payés.
Sorties autorisées, sorties libres : quelle différence ?
Le médecin indique sur l’arrêt de travail l’une des situations suivantes :
sorties interdites ;
sorties autorisées avec horaires de présence obligatoire ;
sorties libres, lorsque l’état de santé le justifie.
Lorsque les sorties sont autorisées mais non libres, le salarié doit rester présent à son lieu de résidence :
de 9 h à 11 h ;
et de 14 h à 16 h,
y compris les samedis, dimanches et jours fériés, sauf en cas de soins ou d’examens médicaux.
En revanche, lorsque le médecin autorise des sorties libres, ces plages horaires de présence obligatoire ne s’appliquent pas.
Le salarié reste néanmoins soumis aux autres obligations de son arrêt, notamment l’obligation de se soumettre aux contrôles et de ne pas exercer d’activité non autorisée.
Quels risques si les règles ne sont pas respectées ?
Le versement des indemnités journalières est notamment subordonné au respect :
des prescriptions du médecin ;
des heures de sorties autorisées ;
des contrôles organisés par l’Assurance Maladie ;
de l’interdiction d’exercer une activité non autorisée ;
et de l’obligation de communiquer l’adresse temporaire lorsque le salarié réside ailleurs.
La CPAM peut réclamer la restitution d’indemnités versées en cas de manquement volontaire aux obligations prévues par le Code de la sécurité sociale.
Elle peut également refuser le versement des IJ pour la période pendant laquelle un contrôle a été rendu impossible.
Un simple départ en vacances ne constitue toutefois pas, à lui seul, une faute justifiant automatiquement un licenciement par l’employeur.
Faut-il prévenir la CPAM si l’on séjourne à une autre adresse ?
Oui.
Depuis le 27 juin 2026, l’article L.323-6 du Code de la sécurité sociale prévoit expressément que l’assuré doit informer sans délai sa caisse lorsqu’il réside, pendant son arrêt, à une adresse différente de celle initialement déclarée.
Il doit communiquer l’adresse à laquelle un éventuel contrôle médical peut être réalisé.
Cette règle concerne notamment le salarié qui séjourne :
chez un proche ;
dans une résidence secondaire ;
dans une location temporaire ;
ou dans un autre lieu pendant plusieurs jours.
Le point essentiel n’est pas seulement de pouvoir sortir : la CPAM doit pouvoir savoir où contrôler le salarié lorsqu’il réside temporairement ailleurs.
Partir quelques jours ne transforme pas l’arrêt maladie en congés payés
Un salarié peut acquérir des droits à congés payés pendant certaines périodes d’arrêt maladie.
Cela ne signifie toutefois pas qu’un salarié qui voyage pendant son arrêt cumule simultanément des congés payés et un arrêt maladie.
Pendant toute la période prescrite par le médecin, le salarié reste juridiquement en arrêt de travail et doit respecter les obligations qui en découlent.
Voyager pendant un arrêt maladie ne signifie donc pas être “en vacances” au sens du droit du travail.
Article annexe : acquisition de congés payés pendant l'arrêt maladie d'un salarié
Peut-on partir à l’étranger pendant un arrêt maladie ?
Un séjour à l’étranger pendant un arrêt maladie nécessite davantage de précautions.
Avant de partir, le salarié doit contacter sa CPAM afin de connaître les démarches applicables à son pays de destination.
Le maintien des indemnités journalières dépend notamment :
du pays dans lequel le salarié séjourne ;
des règles européennes éventuellement applicables ;
de l’existence d’une convention de sécurité sociale avec la France ;
et des conditions permettant à la caisse de contrôler l’incapacité de travail.
Pour certains départs, une demande d’autorisation préalable doit être adressée à la CPAM avant le voyage.
Un départ à l’étranger peut donc être autorisé sans que cela garantisse automatiquement le maintien des indemnités journalières.
Quelles démarches avant un voyage à l’étranger ?
Avant le départ, il est conseillé de :
vérifier que le déplacement est compatible avec les prescriptions du médecin ;
informer la CPAM du projet de séjour ;
communiquer les dates et l’adresse précise du lieu de résidence ;
demander à la caisse si une autorisation préalable est nécessaire ;
vérifier si les indemnités journalières pourront être maintenues dans le pays concerné.
Pour certains départs hors de l’Union européenne, la CPAM demande que la demande soit effectuée suffisamment en amont du voyage.
Lorsque le pays n’appartient pas à l’Union européenne et n’est pas lié à la France par une convention permettant le maintien des prestations, les indemnités journalières peuvent être suspendues pendant le séjour.
Conséquences possibles et précautions à prendre
Ne pas informer la CPAM peut être lourd de conséquences. Non seulement cela risque de suspendre les indemnités journalières, mais cela peut également déclencher des investigations supplémentaires pouvant mener à un litige prolongé.
Exemple : séjourner chez sa famille pendant un arrêt maladie
Un salarié en arrêt maladie souhaite passer une semaine chez ses parents dans une autre région.
Avant de partir, il doit :
vérifier les modalités de sorties mentionnées sur son arrêt ;
s’assurer que le séjour reste compatible avec son état de santé ;
informer la CPAM de son adresse temporaire ;
respecter les éventuelles plages de présence obligatoire ;
rester disponible pour les contrôles.
S’il souhaite partir à l’étranger, il doit en plus contacter sa caisse pour connaître les règles applicables à son pays de destination.
Employeurs et arrêts maladie : que dit la loi ?
D'un autre côté, les employeurs ont eux aussi des droits et obligations face aux salariés en arrêt maladie. Bien évidemment, ils ne peuvent pas licencier un salarié uniquement en raison de son état de santé. Toutefois, certains comportements pourraient amener un employeur à prendre des mesures disciplinaires.
Peut-on être contrôlé pendant ses vacances ?
Oui.
Le salarié en arrêt maladie peut rester soumis à différents contrôles pendant toute la durée de son arrêt.
L’Assurance Maladie peut notamment organiser un contrôle médical.
Lorsque l’employeur verse un complément de salaire dans les conditions permettant une contre-visite médicale, il peut également faire vérifier la justification de l’arrêt selon les règles applicables.
Le fait de séjourner temporairement ailleurs ne dispense donc pas le salarié de rester contrôlable à l’adresse communiquée.
Maintien de salaire et gestion de l'absentéisme
Selon les conventions collectives, divers dispositifs existent quant au maintien du salaire en cas d’arrêt maladie. Certains prévoient un complément par l'entreprise des indemnités journalières, ce qui protège mieux les revenus des employés.
Toutefois, l'impact sur l'organisation et la productivité incite nombre d'entreprises à mettre en œuvre des politiques rigoureuses de gestion de l’absentéisme.
Pourquoi faut-il communiquer son adresse réelle pendant l’arrêt ?
L’enjeu principal est de permettre à l’Assurance Maladie d’exercer son droit de contrôle.
Depuis le 27 juin 2026, le Code de la sécurité sociale impose expressément à l’assuré qui réside à une autre adresse pendant son arrêt d’en informer sans délai sa caisse.
Si le salarié rend le contrôle impossible, la CPAM peut refuser le bénéfice des indemnités journalières correspondant à la période concernée.
Il est donc essentiel de déclarer l’adresse où le salarié réside réellement pendant son arrêt.
Que vérifier avant de partir pendant un arrêt maladie ?
Avant tout déplacement de plusieurs jours, vérifiez cinq points :
Sorties autorisées ou libres ?
Horaires de présence obligatoire à respecter ?
Adresse temporaire communiquée à la CPAM ?
Activités prévues compatibles avec l’arrêt ?
Voyage à l’étranger : accord et maintien des IJ vérifiés auprès de la caisse ?
En pratique : partir pendant un arrêt maladie peut être possible. Partir sans vérifier les règles applicables peut en revanche exposer à une suspension ou à une récupération des indemnités journalières.



