Analyse juridique et fiscale des revenus de la plateforme Mym
- Le Bouard Avocats

- 8 mars 2023
- 15 min de lecture
MYM est une plateforme française permettant aux créateurs de monétiser des contenus exclusifs grâce aux abonnements, aux médias privés, aux shows personnalisés et aux pourboires. Les sommes encaissées constituent des revenus qui doivent être recensés, déclarés et rattachés à un statut fiscal et social adapté.
Il n’existe toutefois pas de régime unique applicable à tous les créateurs MYM. La qualification dépend de la nature réelle de l’activité : création artistique, prestations personnalisées, vente régulière de contenus, influence commerciale ou exercice par l’intermédiaire d’une société.
La fiscalité ne constitue d’ailleurs qu’un aspect de l’activité. Le créateur doit également anticiper les risques juridiques liés à MYM, notamment en matière de droit à l’image, de propriété intellectuelle, de données personnelles et de diffusion non consentie.
Revenus MYM : l’essentiel fiscal et social à connaître en 2026
Les sommes encaissées grâce à une activité MYM doivent être déclarées, même lorsque les paiements transitent par la plateforme.
Les revenus MYM ne relèvent pas automatiquement des BNC : leur qualification dépend de la nature réelle des contenus et des prestations.
En micro-entreprise, les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, sans déduction des frais réels.
Le plafond de la micro-entreprise, les seuils de TVA et les règles de CFE sont trois mécanismes distincts.
Les plateformes concernées peuvent transmettre à l’administration fiscale des informations sur les revenus et les opérations réalisées.
Comment les créateurs gagnent-ils de l’argent sur MYM ?
MYM permet aux créateurs de proposer des contenus exclusifs à des utilisateurs payants. Plusieurs sources de revenus peuvent coexister :
les abonnements ;
les médias privés vendus séparément ;
les contenus personnalisés ;
les shows privés ;
les pourboires ;
le parrainage ou l’affiliation ;
les collaborations commerciales avec des marques ;
les ventes ou prestations réalisées en dehors de MYM grâce à l’audience développée sur la plateforme.
Ces recettes ne doivent pas nécessairement être traitées de manière identique. Un abonnement donnant accès à une bibliothèque de contenus, une vidéo réalisée sur commande et une publication sponsorisée peuvent correspondre à des opérations juridiquement et fiscalement différentes.
Il est donc recommandé de suivre séparément chaque source de revenus.
Quelle commission MYM prélève-t-elle ?
MYM annonce les pourcentages de reversement suivants, appliqués sur le prix hors taxes après déduction des frais bancaires :
Origine du revenu | Part reversée annoncée au créateur |
Abonnement | 75 % |
Média privé | 80 % |
Show privé | 80 % |
Pourboire | 80 % |
Ces taux correspondent aux conditions publiées par MYM à la date d’actualisation de l’article. Ils peuvent évoluer. Les créateurs bénéficiant du statut « SuperStar » peuvent, selon MYM, obtenir un point supplémentaire sur les abonnements et certains médias privés.
Le créateur doit conserver les relevés permettant d’identifier :
le prix payé par l’abonné ;
le montant hors taxes ;
la TVA éventuellement comprise dans le prix ;
les frais bancaires ;
la commission prélevée par MYM ;
le montant effectivement reversé ;
la date de validation du gain ;
la date de versement sur le compte bancaire.
Faut-il déclarer le montant brut ou le montant net reçu ?
Il ne faut pas automatiquement retenir la seule somme nette versée sur le compte bancaire.
Le montant à comptabiliser dépend notamment :
du rôle contractuel joué par MYM ;
de la personne qui fournit juridiquement le service à l’abonné ;
de la manière dont la plateforme facture sa commission ;
de l’existence éventuelle d’un mandat de facturation ;
du traitement de la TVA ;
de la qualification comptable des frais prélevés.
Les conditions contractuelles et les relevés de transaction doivent donc être analysés avant de déterminer le chiffre d’affaires à déclarer.
Faut-il déclarer les revenus gagnés sur MYM ?
Oui. Une activité exercée de manière indépendante dans un but lucratif doit être intégrée aux déclarations fiscales et sociales correspondant au statut du créateur.
Le fait que MYM collecte les paiements, prélève une commission ou transmette certaines informations à l’administration ne remplace pas les déclarations personnelles du créateur.
Selon sa situation, celui-ci doit notamment :
déclarer le début de son activité ;
obtenir un numéro SIREN et, si nécessaire, un numéro SIRET ;
déclarer son chiffre d’affaires ou son résultat ;
payer les cotisations sociales correspondantes ;
reporter les revenus dans sa déclaration fiscale annuelle ;
vérifier ses obligations en matière de TVA ;
vérifier son assujettissement à la CFE ;
conserver les factures, relevés et justificatifs.
Le caractère occasionnel d’une recette ne la rend pas automatiquement exonérée.
La situation dépend notamment :
du montant encaissé ;
de la fréquence des ventes ;
de l’organisation mise en place ;
de la nature du contenu ou du service ;
de l’intention lucrative ;
de l’existence d’une véritable activité professionnelle.
Lorsque les publications sont régulières, organisées et destinées à générer des revenus, une déclaration d’activité devient généralement nécessaire.
Revenus MYM : BIC, BNC ou régime des artistes-auteurs ?
Les revenus MYM ne doivent pas être classés automatiquement dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.
La catégorie applicable dépend de la nature réelle de l’activité, et non du seul nom de la plateforme utilisée.
Nature de l’activité | Qualification envisageable | Point de vigilance |
Prestations ou contenus réalisés sur commande | BIC ou BNC selon l’activité | Examiner la nature exacte du service |
Activité indépendante principalement intellectuelle | BNC envisageables | Vérifier l’absence de caractère commercial dominant |
Exploitation d’œuvres originales éligibles | Régime des artistes-auteurs possible | Toutes les photos et vidéos ne sont pas automatiquement éligibles |
Promotion rémunérée de produits ou services | Influence commerciale | Distinguer la publicité des revenus artistiques |
Vente régulière de contenus numériques | Activité commerciale ou prestation de services | Étudier le modèle économique global |
Activité exercée par une société | Résultat imposable de la société | Dépend de la forme sociale et du régime fiscal |
Cumul de plusieurs activités | Plusieurs catégories possibles | Ventiler les recettes selon leur origine |
Un créateur MYM peut-il être artiste-auteur ?
Le régime des artistes-auteurs peut être envisagé lorsqu’une personne physique crée une œuvre de l’esprit et perçoit une rémunération directement liée à cette création ou à son exploitation.
La simple publication d’une photographie ou d’une vidéo sur MYM ne suffit toutefois pas à bénéficier automatiquement de ce régime.
Il faut notamment vérifier :
l’originalité de l’œuvre ;
la nature de la rémunération ;
l’existence de droits d’auteur ;
les conditions d’exploitation du contenu ;
la distinction entre création artistique et prestation personnalisée ;
l’existence éventuelle de revenus publicitaires ou commerciaux.
Un même créateur peut cumuler des revenus artistiques, des prestations personnalisées, des commissions d’affiliation et des rémunérations versées par des marques. Une ventilation comptable et fiscale peut alors être nécessaire.
Quel statut choisir pour exercer sur MYM ?
Le statut doit être choisi en fonction du niveau de revenus, du montant des dépenses, de la protection sociale recherchée et du développement envisagé.
Statut | Base des cotisations | Frais réels déductibles | Niveau de gestion | Profil adapté |
Micro-entreprise | Chiffre d’affaires encaissé | Non | Simple | Début d’activité avec peu de frais |
Entreprise individuelle au réel | Revenu professionnel | Oui | Intermédiaire | Activité avec des dépenses importantes |
EURL | Revenu ou rémunération du gérant selon le régime | Oui | Plus complexe | Créateur souhaitant exercer en société sous un régime TNS |
SASU | Rémunération du président | Oui | Plus complexe | Créateur privilégiant le régime assimilé salarié |
Artiste-auteur | Revenus artistiques déclarés | Selon le régime fiscal | Spécifique | Création d’œuvres réellement éligibles |
Le choix entre entreprise individuelle, EURL et SASU ne doit pas reposer uniquement sur le taux de cotisations. Il faut également comparer la protection sociale, les frais déductibles, la fiscalité des bénéfices et la manière dont le créateur souhaite se rémunérer.
Pour approfondir ces différences, consultez notre comparaison entre SARL et SAS en 2026.
Quels éléments comparer avant de choisir ?
le chiffre d’affaires prévisionnel ;
les commissions prélevées par MYM ;
les dépenses de matériel et de production ;
les frais de publicité et de communication ;
le coût d’un expert-comptable ;
la protection sociale du dirigeant ;
les autres revenus du foyer ;
la volonté de conserver ou de distribuer les bénéfices ;
le besoin éventuel de recruter ou de s’associer ;
la possibilité d’exercer plusieurs activités.
Micro-entreprise et MYM : seuils, cotisations et limites
La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié de l’entreprise individuelle.
Pour les années 2026, 2027 et 2028, le seuil du régime micro applicable aux prestations de services et professions libérales est fixé à 83 600 euros hors taxes. Ce seuil remplace l’ancien plafond de 77 700 euros.
Principales règles de la micro-entreprise
Point à vérifier | Règle générale |
Plafond des prestations de services | 83 600 € HT |
Plafond des professions libérales | 83 600 € HT |
Déclaration du chiffre d’affaires | Mensuelle ou trimestrielle |
Base des cotisations | Chiffre d’affaires encaissé |
Déduction des dépenses réelles | Impossible |
Déclaration avec un chiffre d’affaires nul | Obligatoire |
TVA | Seuils distincts du plafond micro |
CFE | Peut être due même en travaillant à domicile |
Peut-on déduire la commission MYM en micro-entreprise ?
En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires retenu, sans déduction des frais réels.
Le créateur ne peut donc pas déduire directement de cette base :
la commission MYM ;
le matériel photo ou vidéo ;
l’ordinateur ;
le téléphone ;
les logiciels de montage ;
les frais de publicité ;
les honoraires professionnels ;
les frais de déplacement ;
les vêtements ou accessoires utilisés dans les contenus ;
les dépenses de studio.
La difficulté consiste toutefois à déterminer, d’après le contrat conclu avec MYM, si le chiffre d’affaires correspond au montant brut payé par l’utilisateur ou au montant dû contractuellement au créateur avant déduction de certains frais.
Quand la micro-entreprise devient-elle moins intéressante ?
Un passage au régime réel peut être pertinent lorsque :
les frais professionnels représentent une part importante des revenus ;
le créateur investit régulièrement dans du matériel ;
les commissions de plateforme sont élevées ;
un studio ou des locaux sont loués ;
la TVA supportée sur les dépenses devient importante ;
le plafond du régime micro est approché ou dépassé ;
le créateur souhaite s’associer ;
l’activité nécessite une structure plus organisée.
Entreprise individuelle, EURL ou SASU : quelles différences ?
Critère | EI au réel | EURL | SASU |
Personnalité morale distincte | Non | Oui | Oui |
Nombre d’associés | Aucun | Un associé unique | Un associé unique |
Régime social du dirigeant | Travailleur indépendant | Généralement TNS si l’associé unique est gérant | Assimilé salarié s’il est rémunéré |
Déduction des charges | Oui | Oui | Oui |
Comptabilité complète | Oui | Oui | Oui |
Imposition | IR avec options possibles | IR ou IS selon la situation | IS en principe |
Dividendes | Sans objet | Possibles | Possibles |
Coût de fonctionnement | Intermédiaire | Plus élevé | Plus élevé |
Lorsqu’une société est créée, il faut distinguer la situation du dirigeant de celle de l’associé unique. Les responsabilités, la rémunération et les droits financiers varient selon la forme retenue. Notre analyse consacrée au rôle et à la position des associés dans une entreprise permet d’approfondir ces différences.
L’entreprise individuelle protège-t-elle le patrimoine personnel ?
Le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est en principe séparé de son patrimoine professionnel.
Cette protection peut néanmoins connaître des exceptions, notamment :
en cas de garanties personnelles ;
en cas de renonciation à la séparation pour une créance déterminée ;
en présence de certains manquements fiscaux ou sociaux ;
lorsque la qualification professionnelle d’un bien est discutée.
L’EURL n’est donc plus la seule solution envisageable pour organiser une séparation entre activité et patrimoine personnel.
L’impôt sur les sociétés est-il toujours plus avantageux ?
Non. L’intérêt de l’impôt sur les sociétés dépend notamment :
du bénéfice réalisé ;
du montant de la rémunération ;
des cotisations sociales ;
du taux d’imposition personnel ;
de la distribution éventuelle de dividendes ;
des sommes conservées dans l’entreprise ;
des investissements prévus.
Une simulation personnalisée reste nécessaire avant de choisir entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés.
Faut-il facturer la TVA sur les revenus MYM ?
Le plafond permettant de rester en micro-entreprise et les seuils de franchise en base de TVA sont distincts.
Un créateur peut donc rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.
Pour comprendre la différence entre TVA collectée, TVA déductible, crédit de TVA et reversement, consultez notre guide sur le régime, le paiement et la collecte de la TVA.
Points à vérifier pour la TVA
Question | Pourquoi est-ce important ? |
Qui fournit juridiquement le service à l’abonné ? | Détermine les obligations de facturation |
MYM agit-elle comme intermédiaire ou en son propre nom ? | Influence le traitement de la TVA |
Le prix payé par le fan comprend-il la TVA ? | Permet d’identifier le prix hors taxes |
Sur quelle base la commission est-elle calculée ? | MYM annonce un calcul sur le prix HT |
Où les abonnés sont-ils établis ? | Peut modifier les règles territoriales |
Le créateur bénéficie-t-il de la franchise ? | Détermine s’il doit facturer la TVA |
Les dépenses supportent-elles de la TVA ? | Une récupération peut devenir possible |
Les seuils de franchise en base doivent être vérifiés séparément du plafond micro. Les règles peuvent aussi différer selon la nature de l’activité, notamment pour certains artistes-auteurs.
Pourquoi les opérations numériques sont-elles complexes ?
Les contenus vendus par l’intermédiaire d’une plateforme peuvent soulever plusieurs questions :
le service est-il fourni par MYM ou par le créateur ?
MYM agit-elle comme mandataire ou comme vendeur ?
qui établit la facture ?
qui encaisse et reverse la TVA ?
où se situe le client ?
quelle somme constitue la recette du créateur ?
la commission est-elle une charge distincte ?
Il est donc déconseillé de déterminer la TVA uniquement à partir du montant net versé sur le compte bancaire.
Un créateur MYM doit-il payer la CFE ?
La cotisation foncière des entreprises peut être due par un créateur exerçant une activité indépendante, même lorsqu’il travaille depuis son domicile et ne dispose pas d’un local professionnel distinct.
L’entreprise bénéficie en principe d’une exonération au titre de son année de création. Des exonérations ou réductions peuvent également s’appliquer selon le montant des recettes, la nature de l’activité et la situation de l’entreprise.
Points à vérifier
effectuer la déclaration initiale de CFE ;
vérifier la commune d’imposition ;
contrôler l’adresse de l’établissement ;
consulter l’avis dans l’espace professionnel ;
identifier les exonérations applicables ;
signaler tout changement d’adresse ou d’activité ;
distinguer l’année de création des années suivantes.
Le plafond de la micro-entreprise ne dispense pas automatiquement de CFE.
Quelles obligations comptables pour les revenus MYM ?
Les obligations dépendent du régime retenu.
En micro-entreprise
Le créateur doit notamment :
tenir un livre chronologique des recettes ;
conserver les justificatifs de chaque encaissement ;
suivre les gains validés et versés ;
conserver les relevés MYM ;
déclarer périodiquement son chiffre d’affaires ;
émettre ou conserver les documents de facturation nécessaires ;
conserver les justificatifs pendant les délais applicables.
Au régime réel ou en société
Les obligations sont plus complètes :
enregistrement des recettes et dépenses ;
conservation des factures ;
suivi des immobilisations ;
amortissement du matériel ;
déclarations de TVA ;
établissement d’un résultat fiscal ;
comptes annuels pour les sociétés ;
suivi des rémunérations et dividendes ;
dépôt des comptes lorsque cette obligation s’applique.
Quels frais professionnels faut-il conserver ?
Même lorsque les frais ne sont pas déductibles en micro-entreprise, leur suivi permet de mesurer la rentabilité réelle de l’activité.
Catégorie | Exemples |
Production | Caméra, éclairage, micro, décor |
Informatique | Ordinateur, stockage, logiciels |
Télécommunications | Téléphone et Internet |
Marketing | Publicité, graphisme, gestion des réseaux |
Locaux | Studio, coworking, espace de tournage |
Déplacements | Transport et hébergement professionnels |
Conseil | Avocat, expert-comptable, assurance |
Plateforme | Commissions et frais bancaires |
Propriété intellectuelle | Musiques, photographies et licences |
Sécurité | Sauvegarde, cybersécurité, authentification |
Au régime réel, une dépense n’est déductible que si elle est engagée dans l’intérêt de l’activité, justifiée et correctement comptabilisée.
Une dépense personnelle ne devient pas automatiquement professionnelle parce qu’un produit ou un vêtement apparaît dans un contenu.
DAC7 : MYM transmet-elle les revenus au fisc ?
Le dispositif DAC7 impose aux plateformes concernées de transmettre aux administrations fiscales certaines informations sur les utilisateurs qui vendent des biens ou fournissent des services par leur intermédiaire.
Les informations peuvent porter sur :
l’identité du créateur ;
son adresse ;
son numéro fiscal ;
les sommes versées ou créditées ;
le nombre d’opérations réalisées ;
les commissions et frais prélevés ;
le compte financier utilisé.
Les plateformes doivent également remettre à leurs utilisateurs un récapitulatif des opérations déclarées. La transmission ne modifie pas, à elle seule, les règles d’imposition applicables.
DAC7 remplace-t-il la déclaration du créateur ?
Non. Le dispositif :
ne vaut pas déclaration fiscale complète ;
ne détermine pas automatiquement la catégorie BIC ou BNC ;
ne remplace pas les déclarations Urssaf ;
ne dispense pas de la TVA ;
ne dispense pas de la CFE ;
ne corrige pas une mauvaise qualification de l’activité.
Le créateur doit comparer les informations transmises par MYM avec ses relevés, ses encaissements et ses propres déclarations.
Quels documents faut-il conserver ?
Documents fiscaux et financiers
relevés MYM ;
historiques des gains ;
détail des commissions ;
justificatifs des virements ;
relevés bancaires ;
factures émises ;
factures d’achat ;
déclarations Urssaf ;
déclarations fiscales ;
déclarations de TVA ;
avis de CFE ;
récapitulatifs transmis dans le cadre de DAC7.
Documents juridiques
conditions générales de MYM ;
contrats de collaboration ;
autorisations de droit à l’image ;
preuves de majorité des personnes filmées ;
licences musicales et photographiques ;
contrats conclus avec des marques ;
échanges relatifs aux contenus personnalisés ;
décisions de suspension ou de modération ;
preuves de création et fichiers originaux.
Quels risques juridiques sont liés aux contenus MYM ?
Au-delà de la fiscalité, le créateur doit sécuriser les droits attachés aux personnes, aux œuvres et aux données utilisées.
Risque | Conséquence possible | Précaution |
Image d’un tiers publiée sans autorisation | Retrait et indemnisation | Obtenir une autorisation écrite |
Diffusion intime non consentie | Responsabilité civile et pénale | Obtenir un accord distinct pour la diffusion |
Présence d’un mineur | Sanctions pénales très lourdes | Vérifier l’identité et la majorité |
Utilisation d’une musique protégée | Action en contrefaçon | Obtenir une licence adaptée |
Publicité non signalée | Sanctions liées à l’influence commerciale | Identifier clairement la publicité |
Données d’abonnés mal utilisées | Responsabilité au titre du RGPD | Définir une base légale et sécuriser les fichiers |
Contenu piraté | Perte financière et atteinte à la vie privée | Conserver les preuves et demander le retrait |
Non-respect des règles MYM | Suppression ou suspension du compte | Conserver les conditions et autorisations |
Revenus non déclarés | Redressement et pénalités | Tenir une comptabilité cohérente |
Droit à l’image
Toute personne identifiable apparaissant dans un contenu doit, en principe, avoir autorisé sa captation et sa diffusion.
L’autorisation doit idéalement préciser :
la nature du contenu ;
le support de diffusion ;
le caractère payant de l’exploitation ;
la durée de l’autorisation ;
le territoire concerné ;
les éventuelles publications promotionnelles ;
les conditions de retrait.
Notre article sur le droit à l’image et les réseaux sociaux permet d’approfondir les conditions de validité d’une autorisation.
Données personnelles
Lorsqu’un créateur exporte un fichier d’abonnés, organise une campagne d’e-mailing ou transmet des données à une marque, il peut devenir responsable du traitement.
Il doit alors :
déterminer une base légale ;
informer les personnes ;
limiter les données collectées ;
définir une durée de conservation ;
sécuriser les fichiers ;
encadrer toute transmission à un tiers ;
respecter les droits d’accès, d’opposition et d’effacement.
Les principales obligations sont présentées dans notre guide sur la protection des données personnelles des professionnels.
Les clauses de non-responsabilité protègent-elles le créateur ?
Une mention telle que « réservé aux majeurs » ou « reproduction interdite » ne permet pas d’écarter les règles légales.
Une clause ne permet pas :
de publier l’image d’un tiers sans accord ;
d’utiliser une musique sans licence ;
de diffuser un contenu sexuel impliquant un mineur ;
de masquer une publicité ;
d’échapper aux obligations fiscales ;
d’exclure toute responsabilité en cas de faute.
Quel statut choisir selon sa situation ?
Situation | Option souvent envisagée | Limite principale |
Début d’activité et faibles dépenses | Micro-entreprise | Frais réels non déductibles |
Coûts importants de production | EI au réel | Gestion plus complexe |
Exercice seul en société avec régime TNS | EURL | Formalités et comptabilité |
Recherche du régime assimilé salarié | SASU | Coût de la rémunération |
Œuvres originales éligibles | Artiste-auteur | Champ d’application strict |
Plusieurs activités différentes | Statut et ventilation adaptés | Risque de mauvaise qualification |
Ce tableau ne remplace pas une analyse personnalisée. Le chiffre d’affaires ne constitue pas le seul critère pertinent.
FAQ sur la fiscalité des revenus MYM
Les revenus MYM sont-ils imposables ?
Oui. Les recettes générées par une activité exercée sur MYM doivent être déclarées dans la catégorie correspondant à leur nature. Il n’existe pas d’exonération générale propre à la plateforme.
Faut-il créer une micro-entreprise pour utiliser MYM ?
La micro-entreprise est fréquente, mais elle n’est ni obligatoire ni toujours adaptée. Une entreprise individuelle au réel, une société ou le régime des artistes-auteurs peuvent être envisagés selon la nature de l’activité.
Les revenus MYM sont-ils des BNC ?
Pas automatiquement. Ils peuvent relever des BNC, des BIC, d’un régime artistique ou du résultat d’une société.
Quel est le plafond de la micro-entreprise en 2026 ?
Le plafond applicable aux prestations de services et professions libérales est fixé à 83 600 euros hors taxes pour les années 2026 à 2028.
Peut-on déduire la commission MYM en micro-entreprise ?
Les frais réels ne sont pas déductibles de la base des cotisations en micro-entreprise. Il faut néanmoins analyser le contrat pour déterminer précisément le chiffre d’affaires du créateur.
Faut-il payer la TVA sur les revenus MYM ?
Cela dépend du chiffre d’affaires, du régime de TVA, de la nature des opérations et du rôle contractuel joué par la plateforme.
Faut-il payer la CFE en travaillant depuis son domicile ?
La CFE peut être due même en l’absence de local professionnel distinct. Des exonérations existent, notamment au titre de l’année de création et dans certaines situations de faible chiffre d’affaires.
MYM transmet-elle les revenus aux impôts ?
Les plateformes entrant dans le champ de DAC7 doivent transmettre certaines informations relatives aux opérations réalisées par leurs utilisateurs. Cette transmission ne remplace pas les déclarations personnelles.
Peut-on être artiste-auteur en publiant sur MYM ?
Oui, mais uniquement si l’activité répond réellement aux conditions du régime des artistes-auteurs. La publication d’un contenu ne suffit pas, à elle seule, à bénéficier de ce statut.
Les pourboires MYM doivent-ils être déclarés ?
Un pourboire reçu dans le cadre d’une activité professionnelle constitue en principe une recette de cette activité.
Quand faut-il quitter la micro-entreprise ?
Un changement peut être pertinent lorsque :
le plafond est dépassé ;
les dépenses deviennent importantes ;
le créateur devient redevable de la TVA ;
une société devient plus adaptée ;
l’activité se diversifie ;
le créateur souhaite s’associer ou investir.
Conclusion : comment sécuriser les revenus générés sur MYM ?
Les revenus MYM ne doivent pas être considérés comme de simples virements privés. Lorsqu’une activité régulière et lucrative est organisée, le créateur doit choisir un statut adapté, déclarer ses recettes et respecter ses obligations fiscales, sociales, comptables et juridiques.
Point à sécuriser | Bon réflexe |
Qualification des revenus | Analyser les contenus et prestations réellement proposés |
Statut | Comparer micro-entreprise, EI, société et artiste-auteur |
Cotisations | Identifier la catégorie sociale applicable |
TVA | Surveiller ses seuils séparément du plafond micro |
CFE | Vérifier les exonérations et l’avis annuel |
DAC7 | Comparer les données transmises avec les déclarations |
Comptabilité | Conserver les relevés et justificatifs |
Commission MYM | Distinguer prix payé, HT, frais et net reçu |
Contenus | Sécuriser le droit à l’image et les licences |
Développement | Réévaluer régulièrement le statut choisi |
Trois erreurs doivent particulièrement être évitées :
déclarer uniquement le montant net versé sans analyser les relevés ;
considérer automatiquement tous les revenus MYM comme des BNC ;
confondre le plafond de la micro-entreprise avec les seuils de TVA.
Un expert-comptable peut accompagner le créateur dans ses déclarations, ses simulations et la tenue de sa comptabilité. L’intervention d’un avocat en droit commercial et des affaires peut également être pertinente pour choisir une structure, analyser les conditions contractuelles de MYM, sécuriser les autorisations ou traiter un litige lié au compte, aux contenus ou aux revenus.

